L'UICN France, dont la FNH est membre, publie aujourd'hui une étude sur la compensation écologique, réalisée avec le concours de ses membres, experts et partenaires entreprises. Elle comporte plusieurs recommandations pour inscrire, de façon plus encadrée et plus efficace, ce mécanisme dans la lutte contre l'érosion de la biodiversité.

L'UICN France rappelle en premier lieu que la compensation est un mécanisme qui ne doit intervenir qu'après la mise en place de mesures d'évitement et de réduction des impacts initialement identifiés (respect de la séquence Éviter / Réduire / Compenser). Son principal fondement est, à minima, la non-perte nette de biodiversité mais doit plutôt viser un gain net de biodiversité.
L'UICN France rappelle également que la compensation doit correspondre à des actions de terrain, au plus près des sites impactés, avec une obligation de résultats, et non à un dédommagement financier. Les financements dédiés à la compensation doivent servir à la réalisation d'actions qui doivent être proportionnées aux atteintes causées par le projet et aux enjeux écologiques des sites, et additionnelles pour répondre à des objectifs nouveaux de conservation, si des mesures de protection ou de gestion sont déjà en place.
Au niveau international, les actions de compensation écologique sont en plein essor mais très variables d'un pays à l'autre : le principe de compensation étant, dans certains cas, intégré dans les cadres juridiques nationaux et, dans d'autres, issu d'engagements volontaires.
En France, la réflexion concernant le principe de compensation, bien qu'il soit mentionné dans la loi de 1976 sur la protection de la nature, est relativement récente. A l'heure actuelle, il n'existe pas de cadre national commun (guides méthodologiques ou lignes directrices) relatif à la compensation, mais le Ministère de l'Ecologie y travaille, et cette étude a aussi pour objectif d'apporter une contribution à ces travaux.
Qu'il s'agisse de banques de compensations, de fonds de compensation ou de compensations uniques, tous ces systèmes présentent des avantages mais aussi un certain nombre de limites. L'UICN France propose des réponses à ces limites pour une mise en œuvre complète et efficace du système de compensation, en intégrant par exemple la biodiversité ordinaire et les services écologiques dans l'établissement des mesures compensatoires ou encore de créer un observatoire de la compensation.
Téléchargez l'étude "La compensation écologique : État des lieux et recommandations. UICN France (2011). Paris, France.
En savoir plus:
> UICN
> Le programme Biodiversité de la FNH
> Guide pratique pour la réalisation de listes rouges régionales - 11/01/12
> Liste rouge: une biodiversité de plus en plus en danger - 01/12/11
Sur le modèle de la Liste rouge nationale, de plus en plus de régions se lancent dans l'élaboration de leurs Listes rouges régionales des espèces menacées, afin de disposer d'inventaires précis des menaces pesant sur la faune et la flore et d'orienter les actions de conservation au niveau régional.
Pour répondre aux besoins des acteurs souhaitant s'investir dans ces démarches, le Comité français de l'UICN publie un « Guide pratique pour la réalisation de Listes rouges régionales des espèces menacées ».
Cet ouvrage fournit des précisions et des informations détaillées sur l'application de la méthodologie de l'UICN à l'échelle d'une région française, apporte des réponses aux principales interrogations qui se posent lors de la réalisation de ces listes, et présente la démarche partenariale et collégiale à mettre en œuvre pour leur élaboration.
Ce guide pratique est le premier outil réalisé dans le cadre du projet d'appui aux Listes rouges régionales, associant le Comité français de l'UICN, le Muséum national d'Histoire naturelle, la Fédération des conservatoires botaniques nationaux et la fédération France Nature Environnement.
En savoir plus:
> Guide pratique disponible en téléchargement (pdf 3,1 Mo).
> Sur le projet d'appui aux Listes rouges régionales
> Liste rouge: une biodiversité de plus en plus en danger
> Le programme Biodiversité de la Fondation
L'UICN - Union Internationale pour la Conservation de la Nature, dont est membre la FNH, vient de publier le 10 novembre dernier, la mise à jour de sa Liste rouge des espèces en danger dans le monde. Une liste qui, malgré quelques bonnes nouvelles, s'alourdie un peu plus chaque année.
Cette liste comprenant l'ensemble des espèces animales et végétales, se décline selon 9 catégories : éteint ; éteint à l'état naturel ; en danger critique d'extinction ; en danger ; vulnérable ; quasi menacé ; préoccupation mineure, données insuffisantes ; non évalué.

Quelles sont les avancées ?
Dans les bonnes nouvelles, on note la valorisation accrue des découvertes scientifiques dans le recensement de nouvelles espèces, à l'exemple de la Raie Manta géante (Manta birostris), pouvant atteindre 7 mètres d'envergure et jusqu'alors confondue avec sa cousine la raie Manta de récif (Manta alfredi).
Les plantes, auparavant sous représentées, feront désormais l'objet d'une évaluation plus poussée. Le recensement et l'étude de tous les conifères est ainsi en cours.
Aujourd'hui, plus de 61 900 espèces sont étudiées dans ce véritable baromètre de la vie et de la biodiversité !
Le succès de conservation de certaines espèces nous prouve que lorsque le pouvoir politique et les sociétés se mobilisent, des populations aux bords de l'extinction peuvent être sauvées. La sous-espèce de rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum) dont on estime que la population sauvage est passée de moins de 100 individus à la fin du 19ème siècle à plus de 20 000 aujourd'hui en est l'un des plus beaux exemples.
Toutefois, le constat global n'en reste pas moins alarmant. « Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70 % de toutes les plantes évaluées sont en péril »
Zoom sur 2 espèces en danger
Le Fonds Français pour l'Environnement Mondial (FFEM) et l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) renouvellent leur partenariat dans le cadre du programme de petites initiatives.
La mobilisation des acteurs locaux de la société civile africaine est essentielle pour faire progresser la protection de l'environnement. C'est pour accompagner le renforcement de leurs capacités à répondre aux enjeux de la biodiversité et de la lutte contre le changement climatique que le FFEM et l'UICN France engagent la troisième phase du Programme Petites Initiatives (PPI 3).

Un financement de 2.2 millions d'euros pour la période 2011-2013 permettra de soutenir 40 nouveaux projets, avec une priorité sur cinq pays : Burkina Faso, Ghana, Togo, Cameroun et République Démocratique du Congo.
Un album très graphique qui recense, à travers un jeu singulier de silhouettes d'animaux, les espèces animales menacées de disparition à travers la planète.
Cela n'est plus mis en question : nous vivons actuellement la 6e extinction de masse d'espèces vivantes. Celle-ci, pour sa partie la plus importante, est due à l'activité humaine. Tous les scientifiques s'accordent désormais sur le fait qu'il faut impérativement protéger le plus d'espèces possible, car chacune d'elles joue un rôle indispensable dans l'équilibre de la vie terrestre.