Chaque année, la Journée mondiale des zones humides (JMZH) est célébrée le 2 février, pour commémorer la signature de la Convention sur les zones humides, le 2 février 1971, dans la ville iranienne de Ramsar.
A l'occasion de cette journée, différentes structures organisent des actions de découverte et de sensibilisation du public sur les zones humides et la Convention de Ramsar. Le thème choisi pour la JMZH 2012 est "Le tourisme dans les zones humides : une expérience unique".
L'UICN France, dont la FNH est membre, publie aujourd'hui une étude sur la compensation écologique, réalisée avec le concours de ses membres, experts et partenaires entreprises. Elle comporte plusieurs recommandations pour inscrire, de façon plus encadrée et plus efficace, ce mécanisme dans la lutte contre l'érosion de la biodiversité.

L'UICN France rappelle en premier lieu que la compensation est un mécanisme qui ne doit intervenir qu'après la mise en place de mesures d'évitement et de réduction des impacts initialement identifiés (respect de la séquence Éviter / Réduire / Compenser). Son principal fondement est, à minima, la non-perte nette de biodiversité mais doit plutôt viser un gain net de biodiversité.
L'UICN France rappelle également que la compensation doit correspondre à des actions de terrain, au plus près des sites impactés, avec une obligation de résultats, et non à un dédommagement financier. Les financements dédiés à la compensation doivent servir à la réalisation d'actions qui doivent être proportionnées aux atteintes causées par le projet et aux enjeux écologiques des sites, et additionnelles pour répondre à des objectifs nouveaux de conservation, si des mesures de protection ou de gestion sont déjà en place.
Au niveau international, les actions de compensation écologique sont en plein essor mais très variables d'un pays à l'autre : le principe de compensation étant, dans certains cas, intégré dans les cadres juridiques nationaux et, dans d'autres, issu d'engagements volontaires.
En France, la réflexion concernant le principe de compensation, bien qu'il soit mentionné dans la loi de 1976 sur la protection de la nature, est relativement récente. A l'heure actuelle, il n'existe pas de cadre national commun (guides méthodologiques ou lignes directrices) relatif à la compensation, mais le Ministère de l'Ecologie y travaille, et cette étude a aussi pour objectif d'apporter une contribution à ces travaux.
Qu'il s'agisse de banques de compensations, de fonds de compensation ou de compensations uniques, tous ces systèmes présentent des avantages mais aussi un certain nombre de limites. L'UICN France propose des réponses à ces limites pour une mise en œuvre complète et efficace du système de compensation, en intégrant par exemple la biodiversité ordinaire et les services écologiques dans l'établissement des mesures compensatoires ou encore de créer un observatoire de la compensation.
Téléchargez l'étude "La compensation écologique : État des lieux et recommandations. UICN France (2011). Paris, France.
En savoir plus:
> UICN
> Le programme Biodiversité de la FNH
> Guide pratique pour la réalisation de listes rouges régionales - 11/01/12
> Liste rouge: une biodiversité de plus en plus en danger - 01/12/11
La 17e Conférence des Nations Unies sur le Climat s'est achevée à Durban dans la nuit de samedi à dimanche, après 48 heures de débats confus. La finalisation d'un accord sur l'avenir du régime climatique semble avoir soulagé l'immense majorité des délégations, mais les décisions adoptées laissent sceptiques quant à la volonté des gouvernements de la planète de s'attaquer sérieusement au problème des émissions de gaz à effet de serre.

L'avancée majeure de Durban, c'est que pour la première fois, les deux pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre (GES), la Chine et les Etats-Unis, s'accordent sur un texte qui les engage juridiquement. Ce traité, dont les contours restent flous, sera finalisé avant 2015 et entrera en vigueur en 2020. Dans l'intervalle, le protocole de Kyoto, dont la première période d'engagement arrive à son terme le 31 décembre 2012, devrait être prolongé pour une deuxième période. Cependant, il ne recouvre plus que 15% des émissions mondiales de GES. En effet, seule l'Union Européenne s'est pour l'instant engagée dans ce cadre.
Cela est positif, mais demeure insuffisant pour éviter un changement climatique important, de l'ordre de 4°C à 6°C d'ici la fin du siècle, et dont les conséquences, notamment en Afrique, seront catastrophiques. Comme le rappelle l'Agence Internationale de l'Energie, les émissions de GES devront impérativement décroître à partir de 2017, or chaque année, elles battent de nouveaux records. « Il y a un décalage énorme entre ce qui a été décidé à Durban et ce qu'il faudrait faire pour ne jamais dépasser les 2°C, explique Jean Jouzel, climatologue qui a participé au sommet de Durban. Alors que tous les pays ont souscrit à cet objectif, c'en est vraiment désespérant. »
La fin de la journée a été marquée par plusieurs évolutions en réponses aux avancées faites par la Chine, et à l'alliance qui se dessine entre l'Union Européenne et quelques pays émergents. Dans la soirée a commencé une nouvelle Indaba, des négociations organisées par l'Afrique du Sud, présidence de la COP, sous un format informel pour tenter de trouver un accord sur la suite à donner au Protocole de Kyoto, et sans doute lancer de nouvelles négociations pour construire un accord plus large avant 2020.

A quoi jouent les Etats-Unis ?
Les Etats-Unis, le Canada et le Japon, qui refusent toujours de s'engager sur une deuxième période de Kyoto ont été contraints de faire évoluer quelque peu leurs positions. On peut s'interroger sur ce revirement, puisque dans les négociations qui ont eu lieu dans la soirée, on a vu ces pays prendre des positions assez audacieuses, allant même demander qu'un accord soit trouvé avant 2015. Ces positions sont en effet en totale contradiction avec ce que font ces pays pour réduire leurs émissions de GES (le Canada est totalement en dehors de son engagement dans Kyoto et les Etats-Unis ont augmenté leurs émissions de 7% depuis 1990).
Il semblerait donc que les Etats-Unis, pris au piège de leur position qui consiste à dire « tant que la Chine signe pas un accord, nous ne bougerons pas », cherchent désormais à durcir la négociation pour éviter un accord.
La Chine, nouveau leader de la négociation ?
En effet, les chinois, qui sont le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, mais dont les émissions par habitant sont 5 à 6 fois inférieures à celles des américains, refusent de s'engager trop tôt, avant 2020, dans un accord contraignant. En demandant une date d'accord irréaliste pour les chinois, les américains jouent un jeu dangereux, et on peut imaginer qu'ils souhaitent finalement faire imploser la négociation.
L'ambiance est toujours terriblement calme dans les couloirs du Centre de Conférence de Durban. Que cache ce silence alors qu'il ne reste que 24h de négociations ? Sans doute des difficultés à avancer sur les deux points centraux de la négociation : l'avenir du Protocole de Kyoto et les financements innovants pour abonder le fonds vert, dont les modalités de gestion ont été précisées pendant cette négociation.
Vers une alliance entre l'Europe et les grands émergents ?
Plusieurs scénarios se dessinent sur l'avenir du Protocole. Cette semaine de négociation a été en effet marquée par une avancée importante de la Chine, qui s'est dite prête à discuter d'un nouveau traité, légalement contraignant, qui entrerait en vigueur en 2020. Cela est assez nouveau dans la négociation, puisque jusque-là la Chine refusait tout simplement d'envisager cela.
Face à ça, trois grands pays industrialisés bloquent les négociations sur une 2e période d'engagement : le Canada, les Etats-Unis et le Japon. L'Europe souhaite quant à elle s'engager dans une deuxième période d'engagements, à condition qu'une négociation débute sur un nouveau traité qui inclurait l'ensemble des pays industrialisés. L'Europe n'est donc pas très loin de la position chinoise.