La 6e République écologique expliquée par Dominique Bourg
Selon Dominique Bourg, pour répondre aux défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés, orienter notre modèle vers une démocratie écologique est incontournable, une démocratie aux institutions rénovées dans laquelle une place importante est accordée à la participation du citoyen. En effet, le système représentatif est incapable de prendre en charge les enjeux de long terme, tout en étant essentiel pour la défense des droits humains. Il convient alors de lui adjoindre des institutions non représentatives, comme le collège du futur et l'assemblée du long terme, pour contraindre, dans un jeu de contre-pouvoirs, le système représentatif à mieux prendre en compte ces enjeux.
Le livre « Pour une 6e République écologique » a pour objectif d'avancer des propositions concrètes permettant à la démocratie d'être à la hauteur des enjeux écologiques et sociaux. Dominique Bourg nous explique plus en détails les enjeux de la réforme de nos institutions : Lire la vidéo
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Qu'est-ce que la finitude ? Comment la décroissance peut-elle se matérialiser ? Les institutions actuelles peuvent-elles répondre aux enjeux écologiques d'aujourd'hui ?
Qu'appelez vous une démocratie écologique et comment la mettre en œuvre ? Quelle place pour les citoyens ? Autant de questions pour lesquelles Dominique Bourg nous apporte des éclairages.
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> Sur le livre « Pour une 6e République écologique »
Dépêche AEDD - Anne Farthouat- du 14/02/2012 avec l’aimable autorisation d’AEDD
Une rencontre « inhabituelle », avec un président de la République « presque candidat ». Voici comment Bruno Genty, président de FNE (France Nature Environnement), qualifie la convocation des associations de protection de l'environnement « grenelliennes » à l'Élysée, lundi 13 février 2012. FNE, le WWF, la Ligue Roc, LPO, la FNH (Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme), Écologie sans frontière et GoodPlanet.info ont évoqué avec Nicolas Sarkozy le bilan du Grenelle de l'environnement, mais également la politique énergétique et environnementale française, à moins de trois mois de la fin de la mandature.
Greenpeace a « décliné » l'invitation, considérant « que Nicolas Sarkozy est un candidat à sa propre succession, il n'est plus un président en exercice ». « Nous serions d'accord pour le rencontrer au siège de l'UMP, ou à son siège de campagne, pour connaître son projet électoral, mais en ce qui concerne les questions environnementales, nous n'attendons plus rien de lui d'ici à la fin de son mandat », explique à AEDD Karine Gavand, chargée des questions politiques pour Greenpeace. De même, « les Amis de la Terre ont décidé de refuser cette invitation pour signifier leur refus d'être instrumentalisés à quelques mois de l'élection présidentielle et au vu des récentes 'sorties' scandaleuses du chef de l'État sur l'écologie », explique-t-elle.
Quant à Nadir Saifi, vice-président d'Écologie sans frontière, qui a « longuement hésité » avant de se rendre à l'Élysée, il se dit « déçu » par une rencontre « glauque », de « techniciens de l'environnement ». Il appelle les ONG à « se re-saisir du Grenelle » et les candidats à l'élection présidentielle à se l' « approprier ».
LE PRÉSIDENT NE REMET PAS EN CAUSE LES NORMES AGRO-ENVIRONNEMENTALES
Sur le volet agricole, « il existe un certain nombres d'engagements du Grenelle pour lesquels le compte n'y est pas », a estimé auprès du président de la République Bruno Genty. Le plan Ecophyto 2018 (qui prévoit une réduction de l'usage des pesticides de 50 % entre 2008 et 2018) est « sur la mauvaise pente », explique le président de FNE. « Entre 2008 et 2010, les consommations de phytosanitaires pour les traitements de feuilles et de semences ont progressé respectivement de 2,6 % et 7 %. » Même constat « médiocre » sur l'évolution des surfaces agricoles dédiées à l'agriculture biologique, qui dépassent à peine les 3 % de SAU (surface agricole utile), alors même que l'objectif grenellien tablait sur 6 % de la SAU convertie en biologique pour 2012. « Le président n'a pas contesté ce constat », rapporte Bruno Genty.
Nicolas Sarkozy est également revenu sur les propos qu'il a tenus lors de ses voeux au monde rural en janvier dernier (AEDD n°12629). « Le président nous a assuré qu'il ne remettait pas en question la nécessité des normes environnementales, mais plutôt leurs procédures d'application », explique Benoît Faraco, porte parole de la FNH. Mais pour lui, « cette soi-disant lourdeur administrative due à la réglementation environnementale est en réalité un prétexte dont se sert la FNSEA pour demander un moratoire sur son application ».
Par ailleurs, « le président de la République a souligné que le problème de la compétitivité des entreprises agricoles françaises n'était pas dû aux normes environnementales, qui s'appliquent à toute l'Europe, mais à la réglementation sur le travail », poursuit Christophe Aubel, directeur de la Ligue Roc.
« Nous serons attentifs au signal qu'il donnera lors du prochain salon de l'agriculture [qui aura lieu du 25 février au 4 mars prochain] », prévient Bruno Genty. C'est lors de l'édition 2010 que le président avait déclaré : « Je voudrais d'ailleurs, au point où j'en suis, dire un mot de toutes ces questions d'environnement. Parce que là aussi, cela commence à bien faire », ce qui avait fortement déplu aux ONG environnementales (AEDD n°5551).
Jean-Jacques Blanchon, coordinateur biodiversité, agriculture et territoires de la Fondation Nicolas Hulot a participé à l'émission CO2 Mon Amour de France inter présentée par Denis Chessous consacrée aux métiers de l'environnement.
« C'est une dynamique qui est en train d'être construite car elle a démarré dans le cadre du Grenelle de l'Environnement pour donner une visibilité aux métiers de l'environnement. Un premier inventaire a abouti à l'identification d'environ 40 métiers rapportant à 6 grandes familles de métiers, ce qui représente environ 60 000 emplois. »
Les invités à cette émission sont:
- Jean-Marie Pelt: Pharmacien agrégé, botaniste-écologiste et fondateur de l'Institut européen d’écologie à Metz
- Christian Couloumy: Chef de secteur au Parc national des Ecrins
- Olivier Thaler: Maitre de conférences en biologie à l’Université Montpellier 2
- Jean-Jacques: Coordinateur biodiversité, agriculture et territoires de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme.
En savoir plus :
> Retrouvez l'intervention de Jean-Jacques Blachon en podcast sur le site de France Inter
> Retrouvez le programme biodiversité de la FNH
> Pour tout savoir sur les métiers de la biodiversité
Propos recueillis par Anne-Sophie Mercier pour Le Monde
Silencieux depuis son échec à la primaire écologiste, en juillet 2011, Nicolas Hulot, désormais revenu à la tête de la Fondation qui porte son nom, a réservé son premier entretien au Monde.
Il vous aura fallu six mois d'absence pour "digérer" votre échec aux primaires organisées par les écologistes. Ou en êtes-vous aujourd'hui ?
Je n'avais pas prévu cet échec, même si je pensais que le combat serait rude. Pour être candidat, j'ai donné tout ce que j'avais : j'ai quitté ma fondation, puis "Ushuaia", je me suis investi à 100 %. Bref, j'ai changé de vie. J'ai vécu un moment difficile après l'échec, mais je suis sans amertume. Je suis parti loin pour remettre les choses à leur juste place, puis pour m'extraire du bruit médiatique.
Quelles erreurs pensez-vous avoir commises dans la campagne que vous avez menée face à Eva Joly ?
Plusieurs, certainement. Je me suis déclaré trop tardivement, j'ai sous estimé la difficulté de ces primaires, et je n'ai pas voulu voir la profondeur des préjugés à mon égard. "Homme de Chirac", "candidat des multinationales"... Einstein a dit qu'il était plus facile de briser un atome qu'un préjugé, et il avait raison. Et puis, je n'aurais pas dû me laisser intimider. Lorsque j'ai expliqué que j'avais étudié un moment l'hypothèse de travailler avec Jean-Louis Borloo, il y a eu cette polémique incroyable chez les écologistes, sur le thème "Hulot veut nous déporter vers la droite". Et j'ai baissé la tête, dit que non, je me suis quasi excusé. Mais où était le problème ? Je pensais, et je pense toujours que les clivages politiques sont dépassés, et qu'ils relèvent d'un simple jeu de rôles qui devient indécent quand la crise prend une ampleur pareille. .
Irez-vous soutenir Eva Joly, qui traverse des moments difficiles ? Vous verra-t-on dans un meeting à ses côtés ?
J'ai pris une autre voie, ce qui n'empêchera peut-être pas de se retrouver sur le chemin des idées. Je n'ai nulle intention de nuire aux écologistes, ni à leur candidate. Au passage, je trouve qu'il n'est pas sain que l'écologie politique soit à ce point marginalisée, surtout en regard de l'indigence des autres formations politiques sur le sujet. Mais il serait pour le moins présomptueux de ma part d'imaginer que ma présence puisse modifier le cours des choses...
Par ailleurs, être président de ma fondation m'interdit tout soutien politique
Pratique, non ?
C'est vous qui le dites. Ma parole sera d'autant plus forte, d'autant plus audible désormais, qu'elle sera non partisane.
Vous avez repris la tête de votre fondation, qui a pour l'occasion changé de nom, redevenant Fondation Nicolas Hulot. Qu'y ferez-vous que vous n'ayez déjà fait ?
Changer d'échelle ! Changer d'échelle, dans l'analyse et la proposition. Contribuer au débat public en rentrant dans le disque dur de notre modèle économique, faire la démonstration intransigeante que l'enjeu écologique conditionne tous les enjeux de solidarité. Il faut en finir avec les petites corrections à la marge, avec les petits gadgets qui "verdissent" les discours, et aller à l'essentiel.
Qu'est-ce que l'essentiel ?
L'essentiel, c'est d'acter que la crise que nous vivons est systémique. Les crises se répètent, se combinent, s'amplifient, et la crise écologique aggrave la crise sociale. Pour répondre à ces chocs répétés, à ce modèle en bout de course, qui nous imposent un changement de logique radical, les politiques ont besoin de marge de manœuvre. Ils n'ont pourtant pas un sou pour se lancer dans les investissements nécessaires. Et tout le monde sait pourquoi, et presque personne ne le dit.
Je crois que si on ne nomme pas les choses, on reste indéfiniment à côté de la plaque. Alors, je vais les nommer. Il n'est plus acceptable d'admettre que toute une partie de notre société se soit organisée pour échapper à la solidarité, c'est à dire à l'impôt. J'entends souvent cette phrase stupide qui dit que l'écologie est une préoccupation de riches. A ceux qui disent cela, je réponds que c'est un devoir de riches
La contrainte écologique et sociale ne nous permet plus de nous accommoder que la majorité de l'argent qui circule dans le monde ne participe pas à l'économie réelle. Il n'est pas acceptable que des grandes entreprises paient à prix d'or des cabinets d'avocats pour ne pas participer à la solidarité nationale et satisfaire ainsi la seule gourmandise des actionnaires, alors que les PME trouvent normal de le faire. Il n'est pas acceptable que les banques renflouées par l'Etat spéculent sur la faillite des Etats une fois rétablies et se servent des bénéfices colossaux.
Les politiques auxquels j'en parle se mettent la tête dans les mains, me disent "mais qu'est-ce que tu veux que je fasse ?" On sait ce qu'il faut faire : agir, au niveau européen, pour réformer les excès du capitalisme, mettre fin aux spéculations sur les matières premières, empêcher les banques de spéculer avec l'épargne des Français.
Par ailleurs pour que l'Etat retrouve des marges de manœuvre et ait d'autres alternatives que l'austérité, ma Fondation propose entre autre que la Banque centrale européenne lui prête à taux nul ou très faible pour financer un grand plan d'investissement écologique et social Tout le monde trouve normal qu'on le fasse pour sauver les banques, pourquoi ne pas le faire pour construire l'avenir ?