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Thon rouge : le Parlement européen avance, la France hésite toujours.

Le 27 janvier dernier, la commission environnement du Parlement européen a adopté, à une écrasante majorité, une résolution approuvant la proposition de Monaco d’une inscription du thon rouge à l’Annexe I de la CITES, ce qui en interdirait temporairement le commerce international (et non la pêche).

Thon rouge, espèce menacée

En juillet dernier, le Président de la République s’était prononcé, en clôture du Grenelle de la Mer, pour un soutien de la France à une inscription de l’espèce à une annexe de la CITES, « pour en interdire le commerce ». Mais depuis, la France hésite même si trois avis scientifiques émanant d’instances internationales étaient venus corroborer l’engagement présidentiel.

En outre, d’un point de vue économique, la fin de la pêche industrielle du thon rouge est inévitable  : concernant en France une centaine d’emplois, elle est vouée à un déclin inexorable dans les 2 à 3 ans qui viennent en raison de son coût de production élevé et de la baisse continue des quotas. En 2011, la France, qui doit rembourser ses dépassements de quotas de 2007, pourrait ainsi n’avoir aucun quota alors que les autres pays pêcheurs continueraient à pêcher... Sans compter que l’effondrement de l’espèce est imminent.

L’hésitation à mettre en œuvre cet engagement présidentiel est donc proprement incompréhensible.  Le 25 octobre 2007, le Président de la République avait, dans son discours solennel de clôture du Grenelle de l’environnement, pris un engagement tout aussi fort :

«Nous avons été trop longtemps absents ou en retrait. La France sera, dorénavant, à la tête de la politique environnementale européenne, avec la Commission et le Parlement européens qui sont les moteurs de cette politique. Toutes les initiatives de la Commission pour accroître les normes, nous les soutiendrons ».

En ce qui concerne l’avis des Français, un sondage, commandité par Greenpeace et publié dans « Le Parisien », montre qu'ils sont inquiets pour l’avenir du thon rouge : 74% des personnes interrogées pensent que c’est une espèce menacée, 66% d’entre elles estiment qu’il faut en interdire le commerce international et 78% sont prêtes à ne plus en consommer. Reflétant les fortes inquiétudes de l’opinion publique, plusieurs enseignes de la grande distribution et certains grands chefs, comme ceux de l’Association des Relais et Châteaux, ont décidé de ne plus vendre ni servir de thon rouge.

Pourtant, le 21 septembre dernier, la France n’a pas soutenu la proposition de la Commission européenne d’inscrire le thon rouge à l’annexe I de la CITES. Aujourd’hui, la France va-t-elle aussi aller contre le Parlement européen ? Que veut vraiment le Président de la République, une France « en retrait » sur les questions environnementales ou « à la tête » des politiques européennes ?

Il serait désormais nécessaire de choisir et de passer du discours aux actes. L’affaire du thon rouge est simple, c’est pourquoi elle a valeur de symbole. Il n’y a pas ici de négociations internationales complexes : la position de la France est entre les seules mains du Président de la République.

Extrait des communiqués de presse des 22 et 27 janvier 2010 - lire l'intégralité ici

 

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