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Thon rouge : une décision française controversée

La Conférence des parties de la CITES composée de 175 pays membres de la convention, qui aura lieu du 13 au 25 mars prochain à Doha (Qatar), décidera des espèces animales ou végétales qui pourront bénéficier d’une protection au titre de la Convention. Le thon rouge reste au coeur des débats.

thon rouge

  • Retour sur les événements passés et sur la récente décision du gouvernement français sur ce dossier controversé.

L’été dernier, la principauté de Monaco a proposé d’inscrire le thon rouge à l’Annexe 1 de la CITES. Cela signifierait l’interdiction de sa commercialisation internationale. Dans sa proposition consultable sur Internet, Monaco fait valoir que les stocks de thon rouge ont baissé en Méditerranée de près de 75% en 50 ans. Dans l'ouest de l'Atlantique, les stocks auraient même diminué de 82% de 1970 à 2007.

Pour l’instant, il n’existe aucune mesure de protection du thon rouge.

Pour que cette proposition soit adoptée par la CITES, il est nécessaire que 2/3 des membres y soient favorables d’où l’importance de la position européenne.

- En septembre dernier, la Commission européenne a proposé aux 27 Etats membres de l’Union de soutenir la proposition de Monaco.

Les pays riverains de la Méditerranée dont la France s’y sont opposés. Notre Président, s’était pourtant prononcé à l’occasion de la clôture du Grenelle de la Mer (discours du 17 juillet 2009 au Havre), pour « le soutien de la France à l’inscription du thon rouge à l’annexe de la convention international sur les espèces sauvages, pour en interdire le commerce soutien de la France ».

- Fin janvier 2010, nouvelle étape : la commission environnement du Parlement européen adopte, à une écrasante majorité, une résolution approuvant la proposition de Monaco.

Très attendu sur ce dossier, le gouvernement français a finalement annoncé le 3 février dernier la position officielle de la France : notre pays soutiendra l’inscription du thon rouge à l’Annexe I de la CITES tout en demandant un délai d’application de 18 mois.

Ce délai est motivé par la volonté d’attendre de nouvelles expertises sur l’état de la ressource, de trouver des solutions pour la pêche artisanale et d’élaborer un plan de sortie de pêche pour les 28 thoniers industriels qui seraient obligés de cesser leur activité.

Il est regrettable que cette inscription à l’annexe I soit assortie d’un tel délai. En effet, cela signifie, concrètement, qu’il ne sera pas possible d’agir immédiatement pour la protection de cette espèce menacée d’extinction. Les pêcheurs industriels pourront, de fait, continuer leurs activités pendant les saisons de pêche 2010 et 2011.

Il est, par contre, positif que la France ait pris en compte dans sa position la question des pêcheurs artisanaux (voir paragraphe suivant).

  • Que signifierait concrètement une inscription à l’Annexe 1 ?

L’inscription du thon rouge à l’annexe 1 de la CITES aboutirait à l'interdiction du commerce international de cette espèce menacée. Concrètement, cela signifierait la fin de la pêche industrielle en méditerranée puisque le marché international (essentiellement japonais) constitue le débouché majeur de cette activité.

Cela n’implique, cependant, pas nécessairement l’arrêt de la pêche côtière artisanale dont la production est destinée au marché européen.

Rappelons sur ce point que la pêche industrielle (les thonniers senneurs) totalise plus de 80% des prises pour seulement 20% des emplois du secteur. La majorité des emplois relève de la pêche artisanale dont les prises s’élèvent à environ 300 tonnes par an pour l’année 2010.

Pour que les pêcheurs artisanaux puissent continuer facilement leur activité, la France doit obtenir la création d'une zone économique exclusive (ZEE) française en Méditerranée. Cela permettrait, en effet, d’étendre les zones de pêche artisanale à des territoires plus importants qu’aujourd’hui et d’autoriser la commercialisation de leur production au marché européen. En effet, le règlement européen interdit le commerce des espèces protégées sur le marché communautaire à moins de provenir d’une ZEE.

Lire notre billet Le rôle de la CITES

Télécharger la proposition d'inscription du thon rouge de l'Atlantique à l'Annexe I de la CITES

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Posté par :
albane
Dans :
Veille écologique
Tags :
thon rouge
conférence des parties
CITES

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