En 1992, au Sommet de la Terre de Rio, la communauté internationale s'était accordée sur la nécessité de lancer trois conventions, celle sur le climat à l'origine du Protocole de Kyoto, celle sur la désertification ainsi que la Convention sur la Diversité Biologique sans trouver un véritable accord sur les forêts. Une déclaration de principe sur les forêts avait alors conclu ce Sommet de la Terre. Alors que 2011 a été déclarée année internationale des forêts, celles-ci seront-elles au cœur des négociations internationales ?

Un processus de négociation « de papier » pour traiter des forêts
Dans un premier temps, le Panel intergouvernemental sur les Forêts a été crée afin de prolonger la réflexion et les échanges entre les pays sur les questions forestières. Ce panel avait alors défini des actions prioritaires en termes de gestion durable des forêts et de conservation, que chaque pays intéressé, pouvait endosser, sans obligation bien évidemment.
En 2000, au sein de la Commission économique et sociale des Nations unies, une commission technique a été créée afin de prolonger ce dialogue souvent difficile entre pays et faire connaître et pousser ces différentes orientations. Si cette commission technique appelée Forum des Nations unies sur les Forêts (FNUF) a au moins le mérite de réunir régulièrement les pays sur la problématique forestière, aucune mesure forte n'en émerge pour faire diminuer voire stopper la déforestation. Finalement, en arguant du principe de souveraineté nationale, les grands pays forestiers, du Sud comme le Brésil ou l'Indonésie comme du Nord (Canada et Russie notamment) ont œuvré pour qu'aucune convention et encore moins un protocole ne traite de la forêt.

Les forêts se retrouvent au cœur des protocoles de Kyoto et de Nagoya
Heureusement, la dynamique issue du protocole de Kyoto et récemment du protocole de Nagoya concernant l'accès aux ressources génétiques et partage juste et équitable des avantages découlant de l'exploitation de ces ressources a permis aux forêts de continuer d'être au centre des négociations internationales.
Au sein de la Convention Climat, les forêts sont abordées du point de vue de leur capacité à stocker du carbone et surtout à le libérer dans l'atmosphère (environ 20% des émissions de gaz à effet de serre proviennent de la destruction des forêts). De nombreuses questions restent à résoudre à la prochaine conférence climat qui aura lieu en Afrique du Sud en décembre 2011. La question de la reconnaissance des peuples autochtones, la prise en compte des différences entre une forêt primaire et une forêt secondaire et bien sûr la décision concernant la création d'un fonds international plutôt que de l'introduction des forêts dans un marché de carbone, seront au cœur des négociations.
Au sein du protocole de Nagoya, les richesses des forêts en termes de biodiversité seront au cœur de ces dernières.
Une année riche en décision à prendre, cruciales pour l'avenir des forêts dans le monde.
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