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Autriche : 2 500 écoliers jouent pour le climatle 14.10.09

Autriche : 2 500 écoliers jouent pour le climat

"Pas de moteur dans la vallée du Erlauf !" C'est le jeu qu'a lancé en 2004 la mairie de Wieselburg, véritable ville-école autrichienne. Le but est d'encourager les élèves à privilégier la marche à pied, le vélo ou les transports en commun pour se rendre à l'école. Premier prix : un voyage d'une journée à gagner pour toute la classe. Motivés par ce jeu de l'oie grandeur nature, 2 500 écoliers ont délaissé la voiture de leurs parents.

 

Un quart des trajets en voiture font moins d'un kilomètre. Il faut un quart d'heure pour faire un kilomètre à pied ou trois kilomètres en vélo. Un bus peut transporter les passagers de 40 à 50 voitures et pour un même trajet, consommer deux fois moins d'énergie et émettre deux fois moins de CO? qu'une voiture¹. L'objectif de cette initiative est d'encourager les enfants à se rendre à l'école à pied, en vélo ou en transports en commun. Par leur intermédiaire, il s'agit également de sensibiliser les parents.

 

¹ Guide pratique de l'Ademe "Se déplacer malin" n° 6298, février 2008

 

 

La ville de Wieselburg compte 4 000 habitants et partage ses infrastructures et ses écoles avec 4 000 habitants supplémentaires des communes voisines. Chaque jour, la plupart des 2 500 élèves sont déposés et récupérés en voiture par leurs parents, occasionnant pollution et embouteillages devant les établissements scolaires.

A l'origine du jeu : Irene Weiss, conseillère de la ville à la Culture et à l'Environnement. Alors qu'elle publie en 2002 un livre sur l'histoire du fleuve, des ponts et des vallées de la région, elle imagine faire de ce paysage un plateau de jeu virtuel pour encourager les élèves à recourir à des moyens de transport plus respectueux de l'environnement : marche à pied, vélo, transports en commun.

Le jeu commence chaque année à l'occasion de la journée sans voiture. Il dure trois à quatre semaines, afin de créer un effet d'accoutumance. Une classe représente une équipe. Le plateau de jeu est affiché dans la salle de classe. Il s'agit d'une carte sur laquelle sont reproduits le fleuve Erlauf et les curiosités du patrimoine régional qui le bordent. Chaque site est matérialisé par une case, constituant le parcours à suivre pour les écoliers-joueurs.

Chacun a la possibilité de faire progresser sa classe sur le plateau, à condition qu'il soit venu à pied, en vélo ou en bus. L'objectif est d'arriver à l'autre bout du fleuve au plus vite. Les trois premières classes qui y parviennent remportent un prix : une entrée gratuite dans un parc naturel, une nuit dans un de ces parcs et pour les premiers, une journée entière vers une destination au choix en Autriche. Les prix sont financés par les sponsors de la ville. Cette dernière prend en charge les coûts d'impression des cartes.

 

Wieselburg a institué le jeu en 2004. Cette même année, quatre communes ont participé, soit 2 500 enfants de 8 écoles. Depuis, chaque édition accueille de nouveaux participants. Pendant la durée du jeu, le nombre de voitures devant les écoles diminue sensiblement, la majorité des enfants refusant que leurs parents les amènent. Il semble que l'effet perdure au-delà.

 

Les enfants sont les consciences de demain. De même que ce sont eux qui recevront la planète en héritage. Dans quel état se trouvera-t-elle alors ? Réchauffement climatique, pollution de l'air, de l'eau, fonte des glaciers, manque d'eau potable. Ces menaces, bien réelles, nous n'y sommes pas étrangers. Un changement d'attitude s'impose d'urgence ! Et comment engager un changement des mentalités et des comportements plus efficacement qu'en commençant par l'éducation de nos enfants ?

En Autriche, la leçon de sensibilisation à l'environnement débute sur le chemin de l'école.
En troquant le confort de la voiture parentale contre quelques coups de pédale ou le bus en compagnie de leurs camarades, les écoliers découvrent d'autres manières de se déplacer. Pour peu qu'on leur explique, ils prennent conscience de l'impact de chacun de ces moyens sur leur environnement direct et leur propre bien-être. Ils mesurent alors leur pouvoir d'action, et se responsabilisent. Gageons qu'ils convaincront leurs parents d'en faire autant.

 

Lisa Azorin, Reporters d’espoirs

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