La consommation quotidienne en 2020Par Elizabeth Pastore Reiss, le 12.06.09
La consommation quotidienne en 2020
Nous sommes rentrés dans l'ère de la rareté et dans la vie quotidienne, le plaisir de la consommation a changé de nature mais on se fait toujours plaisir en 2020 ! Il y a plus d'exclus mais chacun se sent davantage concerné et solidaire au plus prés de chez soi, on essaie davantage d'intégrer l'autre dans la communauté locale.
Une nouvelle économie est née : on est inventif de sa vie quotidienne, on a envie chaque jour de découvrir et d'essayer de nouvelles façons de vivre, réduire son impact est devenu un jeu de société et chaque soir on se demande quelle idée nouvelle on a mis en pratique !
Changer son comportement est devenu récréatif : A la télévision, on redécouvre Intervilles : les villes qui ont le mieux favorisé les nouveaux comportements dans la famille, des employés des entreprises dans leur vie quotidienne..
Tout est plus fluide et léger, le temps est vécu comme un bien précieux alors on ne le consume plus dans des embouteillages : des plateformes multimodales dans les villes permettent de tout traiter, ses papiers, ses rendez-vous depuis des lieux collectifs dans les postes, les mairies, les gares, les cafés ou l'on récupère aussi ses courses...et en plus avec davantage de convivialité plutôt que tout seul chez soi !
La communauté locale est devenue un vrai lieu d'interactions, on échange tout : dans son immeuble, avec ses amis ou ceux qui partagent les mêmes passions : recettes de saison, deuxième vie des produits, vêtements des enfants devenus trop petits, cours de maths contre babysitting, ses légumes contre d'autres cultivés sur son balcon ! ...Et quand il faut s'équiper, d'abord on regarde si on ne peut acheter à plusieurs pour mieux gérer l'usage, sinon on achète d'occasion, de nouvelles brocantes pour les produits quotidiens sont dans tous les marchés, on choisit des cadeaux pour ses amis qui ont déjà une histoire de vie...
La frugalité est devenue un plaisir et consommer est devenu un art : on choisit de bons produits, on privilégie en fonction de ses goûts, on passe 'd' un monde de gourmands à un monde de gourmets [1], on favorise tout ce qui est proche et plutôt coopératif, les labels pour ce que l'on ne peut voir de prés, ce qui nous intéresse ce n'est pas que le produit mais le lien avec la personne qui l'a fabriqué et que l'on veut soutenir, le marché devient un vrai lieu de solidarités actives via les achats directs au producteur. On fait très attention au gaspillage alimentaire notamment, les cuisines nous permettent de nous alerter sur les dates de péremption, la fraîcheur des légumes, elles nous proposent des menus pour accommoder les restes. Quand on doit acheter un objet de marque (vêtement, équipement..), Le réflexe est de taper sur son portable afin de connaître ses conditions de fabrication, son coût à l'usage, comment va-t-on le recycler en fin de vie.... On s'informe et on use si nécessaire de sa capacité critique par l'action collective individualisée[2] en se mobilisant dans son quartier, dans ses réseaux, sur internet pour ou contre une pratique que l'on veut voir évoluer.
Chacun recherche la cohérence dans son comportement et vise la réalliance[3] en permanence dans ses choix entre son bénéfice personnel et la conscience du collectif ce qui enrichit ainsi sa décision et procure un supplément de petits bonheurs quotidiens !
Juin 2009
[1] Erik Orsenna [2] Michele Micheletti [3] Françoise Bonnal







