Ma ville rêvée (2/2)Par Françoise-Hélène JOURDA, le 05.01.10
Après ce tour de ville, j'ai tout simplement marché pour rejoindre mon amie Marie, que j'ai retrouvée à la station de prêt de VUP, en libre service. J'ai choisi une sorte de trottinette électrique, munie d'un petit abri, sorte de parapluie, et nous avons roulé ensemble dans les chemins, entre les jardins.
Elle m'a raconté les difficultés rencontrées pour mettre en place le gigantesque programme de réparation de la Ville pour redistribuer les services dans les quartiers, faire en sorte que chaque habitant puisse dans son quartier et dans un rayon de quelques centaines de mètres, trouver les commerces, les écoles, les activités dont il a besoin. Mais le travail décentralisé avait permis de créer de petites unités de production ou de travail disséminées dans la Ville.
La Ville ne s'était pas étendue, elle s'était développée sur elle-même, en essayant de rentabiliser chaque espace. « Recycler la Ville » m'a-t-elle dit !
Finalement, ce qui m'a le plus surprise, ce sont les nouvelles constructions.
D'abord celles qui surmontent les anciennes. Pratiquement tous les immeubles ont été surélevés ou agrandis pour éviter de construire à l'extérieur des villes. Il est parfois surprenant de voir un bâtiment en pierre vieux de deux siècles surmonté d'une construction en bois et de larges terrasses plantées. Presque tous les toits sont couverts de végétation ! Ou de couleurs vives, celles des différents panneaux solaires de la dernière génération qui produisent l'électricité nécessaire à la vie des habitants.
Et puis, il y a ces nouveaux bâtiments, dits « réactifs ». Ils se transforment selon les conditions environnementales et le type d'activités qu'ils abritent. On voit leurs façades s'ouvrir, s'opacifier ou s'éclaircir, parfois se dilater, s'illuminer puis s'éteindre. Tout est automatisé pour offrir le meilleur confort aux habitants. Les panneaux solaires ne sont pas visibles. Ce sont les matériaux eux-mêmes qui absorbent, stockent et restituent l'énergie ! Et tout cela avec des fibres naturelles !
Et les grandes serres qui abritent certains espaces publics ! Qui s'ouvrent et se ferment selon l'ensoleillement. Finalement tout bouge constamment, les façades, les volumes, les gens.
Je n'en avais encore jamais vu. Dans la capitale où je vis, les changements n'ont pas été aussi rapides. Il est vrai que les mégapoles sont tellement difficiles à transformer. Les quartiers de tours, les infrastructures routières construites à la fin du siècle dernier sont très coûteuses à modifier ou à détruire. Il aurait fallu s'y prendre plus tôt !
Je suis repartie le lendemain, ravie et déçue de n'avoir pu rester vivre dans ma Ville. Je déménagerai peut-être un jour !







