Notre si jolie planète (2)Par Phhilippine Chatelet, le 05.10.09
Où est le ciel ? Où est la terre ? Où sommes-nous finalement ? Qu'avons-nous fait de nous, qu'avons-nous fait de notre planète ? Allons-nous accepter de la voir mourir, de nous y perdre comme nous nous perdons dans ces dédales de voitures qui prennent notre place, notre temps, sucent avidement notre sève en aspirant notre espace et notre oxygène, notre vie lors même que nous sommes déjà trop nombreux.
Oui, les lignes routières finiront par rejoindre les lignes aériennes, sillonnant les contours de la planète comme un gros œuf dans un plus gros, les êtres, habitations, usines et autres structures imbriquées dedans.
Le ciel et le sol ne feront plus qu'un en une ultime fusion, en une ultime explosion, avant disparition totale de notre planète ou au contraire reconstruction totale.
Alors quelques êtres survivront, un peu d'eau, quelques graines, quelques arbres et la vie recommencera dans un endroit dénué de toute trace de progrès ou d'anéantissement, quelque part où l'horizon aura été préservé.
Cela pourrait arriver n'est-ce-pas que nous soyons pris dans cet enfer au dessus de nos têtes et au dessous de nos pieds ?
Discrètement, insidieusement d'abord et de façon infuse puis continue, on nous distille depuis longtemps ce que deviendra inexorablement notre planète et notre vie si nous n'y prenons pas garde. Depuis des années, les plus avertis, les scientifiques jeunes ou moins jeunes, les chefs d'Etat connaissent le danger : pollution, destruction de la flore et de la faune, pénurie d'eau, réchauffement de la planète et sans doute refroidissement qui mettront en péril nombre d'infrastructures non prévues pour ces calamités. Certaines régions, certains pays pourraient même disparaître.
Il n'y aura plus assez d'énergie pour que fonctionnent les voitures ni assez de place ni assez d'oxygène. Alors, tramways, trains et vélos électriques en deviendront nécessairement les substituts pour nos déplacements.
Tout sera plus long sans doute mais les hommes seront plus proches des hommes et plus proches de ce qu'ils auront préservé de la planète. Alors, ils auront compris qu'ils se seront préservés eux-mêmes.
Parce que, en admettant qu'il ne demeurera en effet que quelques êtres sur terre qui puissent tout recommencer à zéro, cela se ferait sans vous, sans nous, sans nos enfants et cela signifierait que nous n'aurions pas été acteurs pour éviter le pire. Ne serons-nous pas enfin tous conscients de cette terrible destinée pour agir dès maintenant ?
Que tout recommence sur un terrain miné dans le meilleur des cas, oui, mais sans nous ?
C'est aujourd'hui plus que jamais qu'il faut déminer le terrain afin que l'horizon ne disparaisse jamais, afin que la vie continue toujours sur notre planète et que nous soyons nous-mêmes les propres acteurs de notre survivance, de « La Survivance » et de La Reconstruction.







