Fondation pour la Nature et l’Homme pour la nature et l'homme
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S'amuser en 2020 Par Luc Semal, le 11.06.09

En décembre 2020, comme en tous les mois de décembre, les Français pensent aux fêtes de fin d'année. Car un monde où l'on veille à réduire ses émissions de gaz à effet de serre ne signifie pas un monde où l'on ne peut plus faire la fête. Simplement, là comme ailleurs, il s'agit d'être raisonnable, de se fixer une certaine limite : inutile, par exemple, de s'offrir mutuellement le dernier gadget électronique à la mode, qui ne fonctionnera que deux ans avant d'aller répandre ses substances toxiques dans les chantiers de « recyclage » du tiers-monde. En revanche, il reste possible d'offrir des cadeaux intelligents et utiles, et de se retrouver autour d'un repas copieux - et non pantagruélique - digne de l'occasion : dinde farcie, rôti aux girolles, bons vins, bûche de Noël, peut-être quelques fruits exotiques...

L'amusement est bien une question centrale quand on veut imaginer un monde où chacun aurait le souci de ne pas émettre trop de gaz à effet de serre. Puisque chaque consommation, et presque chaque geste, est synonyme d'émissions de gaz à effet de serre, comment penser à la fois le superflu et la durabilité ? Chacun de ces deux termes est une nécessité. Le superflu est une nécessité anthropologique : toutes les cultures humaines laissent une place à la fête, le plus souvent lors de certaines périodes d'abondance, comme par exemple les moissons ou la réussite d'une chasse fructueuse. La durabilité est une nécessité écologique qui s'impose à nous, comme la loi de la gravité, parce que la planète ne peut pas tout supporter : lorsqu'une civilisation ne respecte pas cette nécessité, elle est vouée à changer dans le bon sens ou à disparaître.

Toute la difficulté consiste donc à inventer un superflu qui n'interdise pas la durabilité, et vice-versa. C'est pourquoi Mr Hulot a choisi un mode de vie quotidien raisonnable, qui n'interdise pas quelques « extras » de temps à autres : par exemple, la virée familiale à la campagne au mois d'avril, son voyage aux États-Unis au mois d'août, ou encore les réveillons du mois de décembre. Tout cela, c'est de l'amusement, du superflu, qui ne contrevient pas aux exigences de la durabilité. En revanche, Mr Hulot sait bien qu'il ne sera pas impunément possible de voyager en avion aux quatre coins de la planète, d'utiliser chaque jour une grosse voiture pour le seul plaisir de la conduire ou de manger des mangues à chaque repas. Bref, Mr Hulot a appris à être conscient de ses responsabilités vis-à-vis des générations futures, et à ne plus trouver amusant de détruire la planète selon ses caprices.

Extrait d'un texte original de Luc Semal disponible sur www.epe-asso.org/doc_prix/Rapport%20Luc%20Semal%20Prix%202008.pdf "

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