Vivre autrement en 2020 Par Luc Semal, le 11.06.09
Changer son mode de vie
En 2020, les campagnes se sont légèrement repeuplées suite aux différents chocs pétroliers des années 2010. Beaucoup de gens ont voulu faire leur « retour à la terre » pour fuir la société industrielle, et José fait partie de ces néo-ruraux. Aujourd'hui, il vit dans sa nouvelle maison avec sa femme, mais aussi avec son fils de 27 ans, sa belle-fille et leur bébé. Pour José, la cohabitation intergénérationnelle fait qu'on se marche parfois sur les pieds, mais elle est très enrichissante pour tout le monde : elle lui permettra de ne pas vieillir seul, et en retour, il aidera à s'occuper des jeunes enfants. La famille du cousin José a aussi fait ce choix parce qu'il est plus économique et plus écologique : en effet, il n'y a qu'un logement à chauffer, qu'un réfrigérateur, qu'un ballon d'eau chaude...
À cause des contraintes propres à la campagne, beaucoup des néo-ruraux ont conservé leur voiture : c'est un choix paradoxal et contestable, car certains émettent plus de gaz à effet de serre ainsi que lorsqu'ils habitaient en ville sans avoir de voiture ! José, lui, ne se déplace qu'à vélo, et il fait la plupart de ses courses à l'épicerie du village, dans laquelle on trouve tous les produits de consommation courante. La mise en place de tels magasins est maintenant financièrement soutenue par l'État, dans le cadre d'une politique d'aménagement du territoire, pour favoriser l'installation de jeunes travailleurs à la campagne.
Même si M. Hulot est parfois énervé par la radicalité du mode de vie de son cousin José, il accepte tout de même d'en voir les aspects positifs. José n'est pas à proprement parler un modèle, puisque son mode de vie campagnard n'est pas toujours généralisable, mais ses choix individuels relativisent ceux de M. Hulot. Jusqu'où M. Hulot est-il prêt à aller dans la remise en cause de son mode de vie pour respecter les engagements du Protocole post-Kyoto ? Puisqu'il est probable que les progrès techniques ne suffiront pas pour atteindre l'objectif de 2 tonnes de carbone par an d'ici 2050, à quoi acceptera-t-il encore de renoncer pour respecter cet engagement non-négociable ? Au moins, l'exemple de José lui apprend à se remettre en cause et à s'interroger sur son mode de vie.
Extrait d'un texte original de Luc Semal disponible sur www.epe-asso.org/doc_prix/Rapport%20Luc%20Semal%20Prix%202008.pdf "







