Le secteur du bâtiment est fortement consommateur de ressources à la fois au moment de la construction puis dans sa gestion quotidienne. Les bâtiments résidentiels et tertiaires sont, par exemple, responsables de plus de 43% de la consommation d’énergie française principalement liée au chauffage et à l’eau chaude. Cela représente près de 19% des émissions de gaz à effet de serre. La question des matériaux utilisés est également importante. Il s’agit, aujourd’hui, de privilégier les matériaux sains pour un air intérieur de qualité et d’origine locale pour réduire les transports.
Les communes peuvent agir sur les consommations des bâtiments dont elles sont propriétaires ou dont elles délèguent la gestion (mairie, école primaire, équipements sportifs et culturels…) en fixant des objectifs au moment de la construction ou de la rénovation. Elles ont également la possibilité de former leurs personnels pour qu’ils fassent attention à la ressource dans leur pratique quotidienne. Enfin, il leur est possible de sensibiliser les citoyens sur les gestes quotidiens économes en ressources et de soutenir les bonnes initiatives en matière de construction et de rénovation durables en les rendant visibles ou en les subventionnant.
Inauguré en septembre 2005, le gymnase d’une Communauté de communes de l’Aisne est destiné à accueillir des activités d'aviron, de kayak et de voile. Ce projet a largement pris en compte les impacts environnementaux de la construction en combinant soucis d'économie et architecture simple. Le choix des matériaux, notamment le bois, y tient une place prépondérante. L'éclairage naturel des locaux est privilégié, de même que l'évacuation naturelle des eaux résiduelles issues des embarcations. En matière d’énergie renouvelable, 20 m2 de capteurs solaires ont été implantés sur l'auvent pour assurer 60% de la production d'eau chaude sur l’année. Mené exclusivement par des entreprises locales, ce gymnase répondait à la volonté des acteurs locaux de développer un pôle d'excellence “Bâtiment Durable et Habitat Sain” sur leur territoire.
Dans la banlieue sud de Paris a été inaugurée en novembre 2007 la première école labellisée “zéro énergie”, conçue en étroite concertation avec les habitants de la ville. Triple vitrage, sur-isolation des murs, installation d'une toiture végétalisée... La synergie des techniques employées confère au bâtiment un très faible coefficient de déperdition thermique : ventilation dite “double flux”, pour récupérer sans dépenser d'énergie la chaleur contenue dans l'air intérieur avant de le rejeter vers l'extérieur, pompe à chaleur puisant ses calories dans la nappe phréatique pour servir le chauffage des pièces. 800 m2 de panneaux photovoltaïques ont été disposés en toiture et en façade. D'une capacité estimée à 80 000 kWh par an, cette source d'électricité solaire, intégralement réinjectée dans le réseau EDF au prix de 55 cts d'euro le kWh, apporterait à la commune une recette annuelle de près de 44 000 euros.
En cohérence avec son statut d’ONG apolitique et non-confessionnelle, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme a choisi volontairement de ne pas citer directement le nom des villes ou communes illustrant la rubrique “C’est possible”.
> Réduction des consommations d’énergie et donc des émissions de gaz à effet de serre.
> Réduction de la facture énergétique de la commune.
> Dynamisation de l’économie locale par le recours aux ressources et aux entreprises du territoire.
> Etes-vous prêt(e) à réaliser un bilan énergétique ou un bilan carbone des équipements collectifs de votre commune ? Si oui, comptez-vous communiquer les résultats aux habitants ?
> Etes-vous prêt(e) à fixer un ratio énergétique par m2 à ne pas dépasser dans toute opération de construction ou de rénovation de bâtiment public ?
> Comptez-vous inciter vos administrés à l'éco-construction ou l'éco-rénovation ?
> Comment comptez-vous réduire les consommations d’eau et d’énergie des bâtiments communaux ?
> Quelles économies d'eau pourraient être faites dans le nettoyage des chaussées ?
> Pensez-vous organiser la formation des personnels communaux ?
A la maison comme au travail, je fais la chasse au gaspillage d’énergie et d’eau. Une énergie non consommée n’a pas à être produite et une énergie économisée, c’est une contribution à la réduction des Gaz à effet de serre (GES) à la base du réchauffement climatique.
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En 2005, la consommation totale d'énergie des communes est estimée à 32 milliards de kWh, soit 4,4 millions de tep (tonnes équivalent pétrole), cela représente un budget global de 2,2 milliards d'euros TTC (3,8 % du budget moyen total de fonctionnement). Dans le contexte de raréfaction des énergies fossiles, la France devrait franchir une nouvelle étape dans la production locale d’énergie et, in fine, tendre vers l’autonomie énergétique des territoires. Plusieurs programmes d’autonomie énergétique ont été mis en œuvre avec des résultats concluants, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Espagne, aux Pays-Bas, en Suisse ou en Autriche.
La municipalité peut utiliser des énergies renouvelables pour les bâtiments et les équipements collectifs dont la commune est propriétaire. C’est, par exemple, le cas des réseaux de chauffage urbains qui peuvent être alimentés par géothermie ou par du bois provenant de forêts locales. La commune peut, pour cela, solliciter l’appui du Conseil régional afin de trouver les financements nécessaires dans le cadre d’appels à projets. Elle a la possibilité, par ailleurs, de promouvoir l’emploi d’énergies renouvelables (en particulier du solaire thermique) auprès des habitants en expliquant leur intérêt, en indiquant quelles sont les aides disponibles voire en subventionnant leur mise en place.
A l’occasion du réaménagement de son stade, une agglomération de l’Hérault a prévu, sur l'ensemble de ses constructions, l'installation de capteurs solaires permettant de répondre en partie aux besoins en énergie des équipements. Pour ce complexe sportif, 380 m2 de capteurs solaires photovoltaïques et 9 m2 de capteurs solaires thermiques ont été installés sur les bâtiments annexes. Ils permettent de produire de l'électricité revendue à EDF et de chauffer l'eau d'une partie des vestiaires. Des puits de captage ainsi qu'une bâche de récupération des eaux ont été installés sur le stade principal et permettent de couvrir la quasi-totalité des besoins en eau des quatre terrains.
En cohérence avec son statut d’ONG apolitique et non-confessionnelle, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme a choisi volontairement de ne pas citer directement le nom des villes ou communes illustrant la rubrique “C’est possible”.
> Le secteur des énergies renouvelables emploie beaucoup de main d’œuvre. Il s’agit, de plus, d’emplois locaux. Pour une production de 200 mégawatts, une centrale thermique crée cinquante emplois alors que les énergies renouvelables en créent mille.
> Baisse de la facture énergétique et limitation de l’impact climatique puisque les énergies renouvelables émettent très peu de gaz à effet de serre.
> Quels sont les principaux gisements d’énergies renouvelables (géothermie, biomasse, solaire, éolien…) sur le territoire communal ? En utilisez-vous déjà ?
> Quels soutiens en argent ou en nature (ex. : fourniture de bois de chauffage issu de forêt communale)? pourriez-vous mettre en oeuvre pour inciter, en complément des aides régionales et nationales existantes, les ménages à se tourner vers les énergies renouvelables ?
> Comptez-vous encourager ou mettre en place des filières d'énergies renouvelables ?
> Avez-vous l’intention de consulter les citoyens de votre commune avant toute implantation d’installation énergétique ?
"La forme d’une ville, on le sait, change plus vite que le coeur d’un mortel."
Julien Gracq
J’ai recours aux énergies renouvelables en m’équipant par exemple d’une chaudière ou d’un poêle à bois labellisé “Flamme Verte” ou d’un chauffe-eau solaire. Cela me permet de bénéficier d’un crédit d’impôt.
L’éco-construction vise à limiter au maximum les impacts d’un bâtiment pendant tout son cycle de vie. En matière énergétique, elle permet de réduire fortement les besoins notamment en tenant compte dès la conception de la situation géographique, du climat, de l’éclairage naturel et en isolant correctement le bâtiment. L’éco-construction implique, par ailleurs, des matériaux naturels de construction et d'isolation, des énergies renouvelables et peut intégrer des systèmes de traitement (phytoépuration,...) et de récupération d'eau. Pour une ville comme pour un quartier, l'enjeu est de réduire au maximum l'empreinte humaine.
Quand elles construisent de nouveaux bâtiments, les communes peuvent choisir de le faire en respectant les règles de l’éco-construction. Elles ont également la possibilité de favoriser l’implantation d’un éco-quartier qui optimise la gestion de l'eau, des déchets et des transports afin de limiter la pression sur la ressource et les rejets polluants tout en intégrant véritablement la biodiversité en ville.
Une agglomération de l’Aude a lancé la programmation d’un nouveau quartier avec un triple objectif : approvisionnement à 100% en énergies renouvelables (solaire, biomasse), zéro émission de CO2 et zéro déchet. Ce nouveau quartier, d’une superficie de 13,5 hectares, comptera 650 logements pour 2000 habitants. Les bâtiments sont conçus pour que leur consommation énergétique soit réduite de 50% par rapport à la réglementation thermique 2005. Il s’agit d’un quartier sans voiture. Des bornes extérieures alimenteront les véhicules électriques des habitants. Un gazéificateur produira, à partir de la filière bois, de l’électricité et du chauffage par cogénération. 6500 m2 de capteurs photovoltaïques seront intégrés au bâti. Les travaux ont commencé en septembre 2007 pour une livraison des premiers logements fin 2008.
En cohérence avec son statut d’ONG apolitique et non-confessionnelle, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme a choisi volontairement de ne pas citer directement le nom des villes ou communes illustrant la rubrique “C’est possible”.
> Economie de ressources et impact réduit sur le climat et la biodiversité.
> Traitement innovant des déchets par collecte automatisée souterraine.
> Priorité aux transports propres.
> Création d’emplois dans le bâtiment et l’aménagement du territoire.
> Vitrine écologique et technologique à l’image d’autres éco-quartiers européens, Bedzed, Fribourg, Hanovre ou Stockholm.
> Amélioration de la qualité de vie des habitants.
> Quels sont vos projets en matière de rénovation et/ou de construction durables dans votre commune ?
> Comptez-vous prendre en compte les principes de l’éco-construction dans la délivrance des permis de construire ?
> Seriez-vous prêt(e) à soumettre tout projet d’aménagement urbain, périurbain ou rural à une étude d’impact écologique ?
> Seriez-vous partant(e) pour convier les habitants à participer au comité de pilotage d’un futur éco-quartier (ou éco-hameau) dans votre commune ?
"La forme d’une ville, on le sait, change plus vite que le coeur d’un mortel."
Julien Gracq
Je prends en compte l’environnement à chacun de mes travaux ou de mes aménagements : isolation du logement, remplacement de chaudière, choix d’appareils ménagers de classe A, de lampes basse consommation, de peinture labellisée NF Environnement…
Avec une consommation d’énergie équivalente à six tranches nucléaires, l’éclairage public représente en moyenne 45% des dépenses d’électricité des collectivités. Les marges d’économie sont considérables. Signe de modernité et gage de sécurité, l'éclairage public est parfois source de gaspillage d’énergie et synonyme de disparition du ciel étoilé ainsi que de perturbation de la vie nocturne. Il dérègle aussi l’horloge interne de certains êtres vivants. La moitié des jeunes âgés de moins de 30 ans n’a jamais vu la Voie lactée !
Les communes éclairent la voie publique. Le maire choisit les équipements publics de la commune. Il peut introduire une clause environnementale dans les appels d’offres. Il peut faire intégrer dans les documents d’urbanisme la nécessité de lutter contre la pollution lumineuse.
Une petite commune du Parc régional du Luberon a fait installer 21 lanternes de style LED (diodes électro-luminescentes) : elles consomment 10 fois moins et, parce qu’elles sont orientées vers le sol, elles ne contribuent pas à la pollution lumineuse. En 2004, une commune du Tarn de plus de 80 000 habitants a inauguré un nouvel éclairage urbain qui permet une économie de presque 50% de l'énergie consommée pour produire la même intensité lumineuse qui, de plus, est mieux adaptée à l'oeil humain. C'est l'aboutissement du projet européen NumeLite, coordonné par le CNRS et qui a impliqué 11 partenaires de 6 pays européens.Avec le même souci, une grande ville du Nord a signé un nouveau marché d’éclairage public lui garantissant une réduction de 42% de sa consommation énergétique. D’ici 2010, 25% d’approvisionnement en électricité sera de source renouvelable.Depuis dix ans, une petite commune de Seine-et-Marne éteint son éclairage public de 0h30 à 5h30 réduisant ainsi sa consommation de 50% et ceci, sans incidence en termes de sécurité. Grâce à cette mesure, la nuit des étoiles se tient chaque année à cet endroit.
En cohérence avec son statut d’ONG apolitique et non-confessionnelle, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme a choisi volontairement de ne pas citer directement le nom des villes ou communes illustrant la rubrique “C’est possible”.
> Réduction des consommations et de la facture énergétique de la commune.
> Jusqu’à 80% d’économies d’énergie avec les LED.
> Respect de l’alternance jour-nuit.
> Rétablissement de conditions favorables aux espèces nocturnes.
> Possibilité de pratiquer l'astronomie.
> Quelle est la part des éclairages publics dans la facture énergétique de votre commune ?
> Quelles mesures entendez-vous prendre pour limiter la consommation énergétique issue de ces installations ?
"Un sourire coûte moins cher que l’électricité mais donne autant de lumière."
Henri Grouès, dit Abbé Piere
Je coupe la veille des appareils électriques en branchant une multiprise à interrupteur et avec les économies réalisées, j’équipe progressivement mon logement de lampes basse consommation, voire de LED (diodes électrolumines-centes).