Par la variété de ses climats et de ses territoires, la France abrite la plus grande diversité biologique d’Europe. La protection de ce capital naturel et culturel est complexe. A chaque écosystème sa biodiversité, unique et précieuse, y compris en ville. L’écosystème urbain est l’un des plus contraints par les choix des sociétés qui l’habitent et lui dessinent un avenir. Quelle place offrir à la nature, quelles aérations et quels espaces verts disposer dans les quartiers, comment traiter la biodiversité maîtrisée ou celle qui s’invite dans nos cités, comment ne pas couper la ville de ses alentours… autant de questions pour intégrer la ville dans la nature.
Les documents d’urbanisme permettent au maire de définir l’aménagement des espaces et l’évolution des paysages de sa commune. Il peut y définir des espaces protégés et, par exemple, aménager des voies vertes, pour limiter l’imperméabilisation des sols et, ainsi, faciliter l’écoulement des pluies et leur récupération par le vivant ; entretenir les espaces naturels en privilégiant des modes de traitement respectueux de la biodiversité comme de la santé humaine ; adopter sur un territoire donné une charte de protection de la biodiversité. Les communes rurales peuvent, également, inciter les agriculteurs à se tourner vers une production agricole aux moindres impacts pour la biodiversité, avec la perspective de labellisation de leur terroir, et participer à la protection d’espaces naturels sensibles.
La pollution des eaux engendrée par l’usage de pesticides a incité une ville d’Ille-et-Vilaine à recourir à des méthodes alternatives pour l’entretien de ses espaces verts. En trois ans, la consommation de pesticides a diminué de 45% en moyenne. La communauté d’agglomération s’est engagée avec les jardineries de son territoire dans une campagne intitulée “Jardiner au naturel, ça coule de source”.
Destinée aux citoyens, cette campagne a pour objectif de restaurer la qualité des eaux de surface d’ici 2015, conformément aux objectifs européens. Cette démarche est bénéfique à l’ensemble de la chaîne alimentaire dont les insectes pollinisateurs comme les abeilles et bien sûr l’homme, en bout de chaîne.
Cinq villes ont déjà signé avec l’Union de l’apiculture française (UNAF) la charte “L’abeille, sentinelle de l’environnement”, programme visant à sensibiliser les collectivités territoriales à la survie des abeilles et à la sauvegarde de la biodiversité végétale. Cette charte se traduit par douze engagements et l’installation de ruchers dans la ville.
En cohérence avec son statut d’ONG apolitique et non-confessionnelle, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme a choisi volontairement de ne pas citer directement le nom des villes ou communes illustrant la rubrique “C’est possible”.
> Attractivité du territoire plus forte.
> Qualité supérieure des eaux de surface et des eaux souterraines.
> Préservation des espèces et milieux sensibles.
> Meilleure santé pour tous.
> La commune dispose-t-elle d'un inventaire du patrimoine écologique local ?
> Quelle part de budget comptez-vous accorder à la préservation de la biodiversité dans la gestion de votre territoire ?
> Quelle importance comptez-vous donner aux espaces protégés et à la preservation de la biodiversité dans vos documents d'urbanisme, dans l’activité des services techniques ou les projets de la ville ?
> Etes-vous favorable à la création d’un potager municipal, pour maintenir et réintroduire des espèces domestiques locales ?
>Etes-vous prêt(e) à atteindre “zéro pesticide” dans l’entretien des jardins et espaces verts ?
Je profite de chaque espace de jardin, de terrasse ou de balcon pour faire des choix et des installations qui favorisent la biodiversité (flore locale diversifiée, espace en friche, nichoirs, engrais naturels…).
Les villes sont marquées par l'étalement et la fragmentation urbaine liés à la localisation des centres commerciaux en périphérie, à la multiplication des centres de loisirs, à l'extension des zones d'activités, au prix fort de l’immobilier et à la recherche d'un habitat individuel à la campagne. Cela mène, d’une part, à l’artificialisation croissante des sols (60 000 ha/an), limitant les espaces disponibles pour les espèces vivantes et, d’autre part, à la croissance des transports routiers et de leurs nuisances (congestion urbaine, pollutions, consommations d'énergie, émissions de gaz à effet de serre, bruit, accidents…).
Dans les documents d’urbanisme, la commune est amenée à structurer la cohabitation entre les différents espaces de son territoire : zones d’habitat, de loisirs, zones dédiées aux activités économiques, zones naturelles, espaces verts… Elle peut, ainsi, adopter une stratégie de densification autour des stations de train, de bus et/ou de tram. La mise en oeuvre d’un plan de déplacement urbain (PDU) permet d’optimiser l’articulation des transports publics avec les différents espaces afin de réduire l’utilisation de la voiture.
Une commune du Val d’Oise, située sur les franges nord-est de l’agglomération parisienne, doit, du fait de sa localisation, faire face à une forte pression foncière, à une demande importante de logements et à un accroissement des déplacements domicile-travail.
Depuis 2001, l’équipe municipale a souhaité réorienter les politiques locales au regard du développement durable. Dans le cadre de son Agenda 21, elle a lancé un processus de concertation pour associer le plus largement possible les habitants, avec pour objectif de limiter le “grignotage” des terres agricoles. Une stratégie locale de développement durable a été définie. Les orientations adoptées sont traduites dans les documents d’urbanisme.
En cohérence avec son statut d’ONG apolitique et non-confessionnelle, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme a choisi volontairement de ne pas citer directement le nom des villes ou communes illustrant la rubrique “C’est possible”.
> Ralentissement du mitage (étalement périurbain).
> Préservation de la biodiversité dans et autour des villes.
> Développement de trames vertes.
> Limitation des nuisances liées au transport routier.
> Amélioration de la qualité de vie des citadins.
> Intégration de “la ville dans la nature” plutôt que “la nature dans la ville”.
>En dix ans, quelle surface d’espaces naturels (espaces verts, terrains agricoles, bois et forêts) votre commune a–t-elle perdue/gagnée ?
> Quelle part de budget comptez-vous accorder à la préservation de la biodiversité dans la gestion de votre territoire ?
> Quelles mesures comptez-vous prendre pour maîtriser l'artificialisation des sols et pour renforcer la protection des espaces naturels (révision du plan local d'urbanisme, espaces naturels sensibles, préemption et zones réservées, classement des zones boisées) ?
> Quelles sont vos propositions pour lutter contre l’extension des zones périurbaines ?
"La mise en cohérence des paysages et des systèmes vivants, des bassins de vie, de travail et d’habitat doit guider notre nouvelle façon d’habiter la Terre."
Nicolas Hulot
Je m’implique dans la vie locale en donnant mon avis lors de l’élaboration des documents d’urbanisme ou via les enquêtes publiques, en participant aux conférences citoyennes et en assistant aux conseils de quartier.
La qualité de l’eau de nombreuses rivières ou nappes phréatiques est fortement dégradée. Industrie, agriculture et collectivités, chacun a sa part de responsabilité. Protéger la qualité et la quantité de l’eau que nous consommons ainsi que les milieux aquatiques constitue aujourd’hui une nécessité impérieuse. Cela implique de préserver les aires d’alimentation des zones de captage de l’eau, de réduire au maximum le gâchis et les sources de pollution. La prévention coûte moins cher aux usagers que la dépollution !
Le service public de l’eau et de l'assainissement relèvent des prérogatives de la commune. Au vu de l’importance des investissements financiers nécessaires (stations d’épuration notamment), les communes se regroupent souvent pour mettre en commun leurs moyens. Elles délèguent, ensuite, la gestion des installations à des organismes publics, mixtes ou privés. Dans leur cahier des charges, les communes peuvent imposer des actions de protection des aires d’alimentation des zones de captage, ou des milieux naturels aquatiques. La mise aux normes des stations d’épuration et l’efficacité des dispositifs individuels d’épuration des eaux doivent être une des priorités de l’action municipale en cas de retard pris dans ce domaine.
Dans le cadre de son Agenda 21, une ville du Doubs a choisi d’agir en priorité sur les ressources en eau. Elle a ainsi développé des plans d’alerte pour prévenir les pollutions industrielles et acheté des zones sensibles sur le bassin de la source locale. Une campagne d’information et de promotion de l’eau potable municipale a aussi été menée auprès du grand public. Parallèlement, la ville soutient l’achat de cuves de récupération d’eau de pluie pour le lavage des véhicules et l’arrosage des jardins par une subvention de 50% plafonnée à 300 € TTC. La ville a enfin souhaité montrer l’exemple dans la gestion de ses espaces verts (300 ha, 37% de la surface communale) : plantations d’espèces diversifiées et adaptées au milieu, floraisons échelonnées jusqu’à l’automne, préservation de murets de pierres avec leurs anfractuosités, paillage des massifs arbustifs, désherbage thermique…Les pesticides ne sont quasiment plus utilisés.
En cohérence avec son statut d’ONG apolitique et non-confessionnelle, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme a choisi volontairement de ne pas citer directement le nom des villes ou communes illustrant la rubrique “C’est possible”.
> Amélioration de la prévention par la protection des zones de captages de l’eau et des eaux de surface comme souterraines.
> Garantie d’une eau de qualité, meilleure santé publique.
> Rétablissement de la confiance des consommateurs, ce qui les amène à consommer moins d’eau en bouteille et donc moins de plastique et d’énergie.
> Quelles sont les mesures envisagées sur votre commune ou en amont pour protéger les sites de captage d’eau potable et les milieux naturels aquatiques ?
> Quelle part de budget comptez-vous accorder à la préservation de la biodiversité dans la gestion de votre territoire ?
> Garantir la qualité de l'eau potable est-elle une priorité pour vous ? Que comptez-vous faire pour l'améliorer ?
> La station d’épuration traitant les eaux de votre commune est-elle aux normes ? Si ce n’est pas le cas, que comptez-vous faire pour y remédier ?
> Etes-vous prêt(e) à inciter les particuliers à installer une cuve de récupération d’eau de pluie ?
"L’eau que tu bois a connu la mer."
Eugène Guilevic
Pour mon jardin, je refuse les traitements chimiques sachant que les jardiniers amateurs seraient responsables pour 1/4 de la pollution des eaux de surface et des nappes phréatiques.
La commune est un lieu de vie pour les êtres humains et pour de nombreuses espèces animales et végétales. Cette présence de la nature dans nos communes a des impacts positifs sur la qualité de vie. La végétation peut, par exemple, limiter le ruissellement des eaux en cas de fortes pluies ou protéger de la chaleur lors des canicules. Préserver et accroître cette biodiversité implique de lui laisser une place au sein d’espaces dédiés (coulées vertes, jardins partagés, zones naturelles, espaces verts, espaces naturels sensibles) ainsi qu’au coeur de nos cités (sur les immeubles, le long des infrastructures routières, en zone périurbaine).
Leviers de l’action municipale Le maire est responsable de l’entretien des espaces naturels relevant de sa commune qu’il peut gérer afin de préserver et favoriser les espèces animales et végétales locales. Il a également la possibilité de promouvoir et de développer ces espaces en leur réservant une place dans les projets d’aménagement du territoire, en acquérant des terrains pour en faire des jardins partagés notamment, en constituant une coulée verte avec d’autres communes, ou en favorisant l’achat de terrains par des établissements publics comme le Conservatoire du littoral ou les conservatoires régionaux des espaces naturels.
La coulée verte du Val de Marne s’étend sur plus de 17 km à travers sept communes. Elle est implantée sur l’infrastructure du TGV lorsque la ligne est enterrée, et à proximité, lorsque la ligne est à ciel ouvert. Elle répond à plusieurs objectifs : restaurer un environnement malmené par les lourdes infrastructures, relier les espaces naturels entre eux, promouvoir la découverte des paysages et des sites touristiques du département, créer une promenade pour les piétons et les vélos.
En cohérence avec son statut d’ONG apolitique et non-confessionnelle, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme a choisi volontairement de ne pas citer directement le nom des villes ou communes illustrant la rubrique “C’est possible”.
>Les coulées vertes sont favorables à la biodiversité car elles permettent aux espèces vivantes de se déplacer et de se reproduire.
> Les jardins partagés sont un lieu privilégié pour établir un lien entre la nature et le citadin, et entre les citadins eux-mêmes.
> Les ceintures de cultures de fruits et légumes procurent des ressources agricoles de proximité.
> Seriez-vous prêt(e) à acheter des terrains pour en faire des jardins partagés ou des sites naturels favorables à la biodiversité ?
> Comptez-vous prendre des dispositions en faveur de l’établissement d’une ceinture de cultures de proximité (maraîchages, vergers...) autour de la commune ?
>Allez-vous favoriser la formation des personnels des espaces verts de la ville à l’impact des substances chimiques sur l’environnement, et à des pratiques de fauche ou d’entretien plus respectueuses de la nature ?
"Sans nature pas de futur…parce que nos vies sont liées !"
Fondation Nicolas Hulot
Je préviens les herbes indésirables et j’éloigne les parasites à l’aide de moyens naturels. Pour préserver les écosystèmes, j’évite d’introduire des plantes ou des animaux exotiques qui peuvent s’adapter aux dépens des espèces locales et devenir invasifs.
Le paysage est, par excellence, l’interface entre la culture et la nature, la traduction des choix de civilisation sur le visage de la planète. Le rôle que joue la publicité en tant que fabrique d’imaginaire, de valeurs et dans la diffusion de modes de vie fait l’objet de critiques d’un nombre croissant de citoyens et d’organisations. 77% des Français trouveraient la publicité envahissante, 54% la trouveraient agressive et 50% dangereuse.
La loi qui régit l’affichage publicitaire permet aux communes de se doter d’un règlement local plus respectueux de l’environnement. La procédure consiste, pour la commune, à demander au préfet la création d’un groupe de travail chargé d’élaborer ce règlement.
Ici, c’est un maire qui a décidé de réduire de 20% des panneaux publicitaires de sa ville et là, la publicité qui est invitée à se faire discrète.
Dans cette autre commune, on est passé de “556 faces” à 400. Diminuer le nombre de panneaux publicitaires ? Les collectivités ont mesuré l'ampleur de la tâche. Un règlement de publicité censé contrer les principales dérives, est en cours d'élaboration dans plusieurs villes. Récemment, les préfets ont d'ailleurs invité les maires à faire le ménage le long de leurs avenues.
Côté réglementaire, il y a du travail pour les organismes de contrôle. Chaque année, plus de 6 000 procédures pour infraction sont engagées devant les tribunaux administratifs. C’est ainsi que 10 panneaux publicitaires de grand format installés dans le parc naturel régional Livradois-Forez ont été démontés suite à une décision de justice.
En cohérence avec son statut d’ONG apolitique et non-confessionnelle, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme a choisi volontairement de ne pas citer directement le nom des villes ou communes illustrant la rubrique “C’est possible”.
> Protection des paysages.
> Respect de l’espace public.
> Réduction de la place de la publicité dans notre vie quotidienne.
> Quelle image souhaitez-vous donner de votre commune ?
> Etes-vous sensible à la qualité visuelle des entrées de ville. Que comptez-vous faire pour leur embellissement ?
> Envisagez-vous de mettre en place la procédure d’autorisation par arrêté, préalable à toute installation d’affichage publicitaire ?
"Parfois un arbre humanise mieux un paysage que ne le ferait un homme."
Gilbert Cesbron
J’appose un autocollant “Stop Pub” sur ma boîte à lettres et j’invite mes amis comme ma famille à en faire autant. 100 Stop Pub, c’est 4 tonnes de papier évitées, et 400 euros d’économies sur les frais de collecte et de traitement des déchets.