Penser la transition

2015, une bonne année pour les énergies renouvelables ... sauf en Europe

Publié le 01 février 2016
Au cours des dix dernières années, l’investissement dans les énergies renouvelables a presque été multiplié par 6. L’année 2015 confirme cette tendance avec un investissement record de 329 milliards de dollars selon l’étude de l’agence Bloomberg New Energie Finance.

Des investissements tirés par le solaire et l’éolien

Ces investissements sont principalement tirés par le dynamisme des secteurs éoliens et solaires qui représentent plus de 80% des montants investis. Longtemps considérées comme trop chères, ces énergies sont désormais compétitives avec les autres technologies de production d’électricité. C’est ce qu’avait déjà montré la Fondation Nicolas Hulot dans une étude sur l’énergie solaire photovoltaïque parue en novembre dernier.

La hausse de l’investissement s’est traduit par une augmentation des capacités installées de solaire PV et d’éolien atteignant 121 GW, soit près de la moitié des nouvelles capacités de production d’électricité toutes technologies confondues (donc y compris les centrales nucléaires ou les centrales fonctionnant aux énergies fossiles)

 

L’Europe à la traine

Malheureusement, cette évolution ne concerne ni l’Europe, ni la France. Depuis 2011, on observe en effet un net recul des investissements européens compensé au niveau mondial par la hausse de la Chine et l’intérêt croissant des pays en développement.

D’après Michael Liebreich, président du comité consultatif de Bloomberg New Energy Finance, « l’éolien et le solaire sont désormais adopté dans de nombre pays en développement comme des éléments naturel et substantiel de leur mix énergétique ».

La France doit se ressaisir

 En France, les investissements ont baissé de 53%, passant de 6,2 milliards d’euros en 2014 à 2,9 milliard en 2015. Ce recul augure mal de l’atteinte de l’objectif de 23% d’ENR dans la consommation énergétique française en 2020 (sachant que cette consommation n’était que de 14,6% fin 2014).

Pour la Fondation Nicolas Hulot, la France doit se positionner beaucoup plus clairement sur les énergies renouvelables (ENR) sous peine de voir un secteur industriel créateur d'emploi et gage d’indépendance énergétique lui échapper définitivement.

En amont de la Cop 22, la France doit confirmer son engagement pour électrifier l’Afrique en soutenant des projets de solaire PV décentralisés et à petite échelle et en encourageant les partenariats entre des entreprises françaises et locales. Cela doit constituer un sujet majeur de la prochaine conférence climat au Maroc !

Energies renouvelables en progression sauf en Europe