Construisez des crapauducs avant le retour du printemps

Publié le 10 février 2020
C'est bientôt la fin de l'hiver ! Comme pour beaucoup d’animaux, le redoux est propice à la reproduction des amphibiens. Dans leur cas, les grenouilles, crapauds et tritons retournent à leur mare d’origine pour s’accoupler et pondre. Problème : l’humain a construit des infrastructures linéaires qui peuvent se dresser sur leur passage. Des associations et collectivités mettent donc en place partout sur le territoire des solutions pour éviter le massacre. Et grâce à notre plateforme jagispourlanature.org, vous pouvez prendre part à ces chantiers !

Grenouille assise sur un morceau de bois flottant

Éviter le pire pour les crapauds 

Une espèce d’amphibien sur cinq est aujourd’hui menacée. Les périls anthropiques qui pèsent sur leurs habitats, les zones humides, sont en grande partie responsables de leur extinction. Mais les routes et autoroutes créées par l’être humain gênent aussi la procession de crapauds ou grenouilles qu’impose le printemps ; ces infrastructures peuvent être de vrais coupe-gorges pour ces animaux alors en migration prénuptiale. Le morcellement des habitats naturels est en effet fatal pour certaines espèces. Dans certaines régions, comme à Sucy-en-Brie dans le Val-de-Marne, jusqu’à 3 crapauds sur 4 pouvaient mourir écrasés, créant ainsi des déséquilibres majeurs dans les écosystèmes.

Des dispositifs variés en fonction des moyens

Afin d’éviter le massacre des amphibiens, les acteurs associatifs et publics cherchent et mettent en place des solutions, ponctuelles ou pérennes : les crapauducs, aussi appelés batrachoducs. Leur réalisation prend différentes formes. La première, la moins coûteuse financièrement mais la plus coûteuse en temps, consiste en l’installation verticale de bâches, de chaque côté de la route qui traverse le chemin des migrations d’amphibiens. Derrière, des dizaines de seaux sont partiellement enterrés. Le système permet aux animaux de longer la bâche tout en étant protégés de la route, et de tomber dans l’un des seaux. Tous les matins, des personnes professionnelles ou bénévoles récupèrent les individus pour les relâcher immédiatement de l’autre côté du tronçon. Ce dispositif peut permettre aussi aux associations qui s’en occupent de compter, d’identifier et de répertorier les espèces qui tombent dans les seaux.

La deuxième méthode est la plus coûteuse matériellement, mais demande peu de ressources humaines une fois mise en place. Il s’agit de tunnels pour les batraciens, généralement sous la route, pour restaurer la continuité du corridor écologique interrompue par une chaussée, une voie ferrée ou même un mur. Ces tunnels doivent de préférence être les plus courts possible, assurer une humidité minimum pour des animaux qui ne vivent que dans ce type de milieux, et éviter le métal, qui peut gêner leur orientation.

Et il ne s’agit pas forcément de faire de gros travaux pour ce type d’aménagement. En Seine-et-Marne par exemple, la communauté d’agglomération de Marne et Gondoire a utilisé une ancienne canalisation condamnée, sous une départementale, pour permettre aux amphibiens leur passage vers leur lieu de production.

Vous pouvez agir !

Grâce à notre plateforme jagispourlanature.org, qui répertorie les activités de loisir nature autour de chez vous, vous pouvez prendre part à la construction ou à la pérennisation de ces outils nécessaires à la survie des crapauds. Vous pouvez par exemple nettoyer le crapauduc de Doussard en Haute-Savoie avant la saison, ou bien venir ramasser les amphibiens à Vieux-Moulin dans l’Oise. Et plein d’autres activités de toutes sortes sont à venir !

Même si dévier ou fermer le trafic resterait la meilleure des solutions, ces dispositifs permettent de sauver chaque année des centaines de milliers de batraciens sur tout le territoire. Ironiquement, à l’époque où les premiers crapauducs ont été mis en place, dans les années 70, il s’agissait avant tout de mesures de sécurité routière ; les populations écrasées étaient tellement importantes que les chaussées en devenaient glissantes. Aujourd’hui, il s’agit avant tout de sauver les espèces, mais cela ne peut se faire qu’en préservant leur habitat naturel, à savoir les zones humides. La restauration et la sauvegarde de ces milieux essentiels à leur cycle de vie sont cruciales au maintien de ces espèces.