Penser la transition

COP24 : quels enjeux, 3 ans après la COP21 ?

Publié le 03 décembre 2018
La 24e conférence de l’ONU sur le climat s’est ouverte en Pologne, à Katowice, pour deux semaines. Année après année, les COP s’enchaînent mais l’action des Etats face au changement climatique reste insuffisante. Nous nous dirigeons vers un monde à +3°C de réchauffement planétaire d’ici la fin du siècle. Les grands pays pollueurs sont les cancres de la classe, ils ne tiennent pas leurs promesses. Aucun pays de l’UE n’est en passe de respecter l’Accord de Paris, France comprise. Alors, à quoi cette COP24 servira-t-elle ?

COP24

Les enjeux des négociations internationales à la COP24

A la COP24, les négociations entre Etats doivent permettre d’adopter le manuel d’application de l’accord de Paris. En effet, cet accord n’est pour l’instant qu’un squelette. Par exemple, il reste à construire des règles de transparence communes pour savoir ce que chaque Etat fait réellement pour lutter contre le changement climatique. A l’ouverture de la COP, il restait beaucoup de travail aux Etats pour parvenir à finaliser ces règles et à dépasser leurs désaccords.

Comme à chaque COP, la question des financements et de la solidarité entre pays riches et pays pauvres est centrale à la COP24. L’enjeu, c’est que les pays les plus pauvres aient les moyens de viser plus loin en matière de développement propre. Ce, grâce à l’appui financier et technique des pays riches, qui émettent des gaz à effet de serre depuis le début de la période industrielle. 

Sur les 100 milliards de dollars de financements climatiques prévus en 2020 pour les pays en développement, les pays riches n’en mobilisaient en 2016 que 56 milliards.

La nécessité d’engagements des pays revus à la hausse

C’est aussi à la COP24 que les pays doivent agir pour être cohérents avec ce que dit le GIEC : ils doivent relever leurs objectifs climatiques tels qu’annoncés en 2015, puisque ces engagements signifient toujours un réchauffement planétaire de +3°C d’ici la fin du siècle. 

Les perspectives sont assez sombres : pratiquement aucun pays ne respecte l’accord de Paris, ni n’a l’intention de se mettre en conformité avec lui pour l’instant, mis à part quelques champions parmi les pays en développement ou les îles du Pacifique. Les pays industrialisés sont même en deçà de ce qu’ils devraient faire pour atteindre leurs promesses insuffisantes de 2015. Aucun pays européen ne respecte l’accord de Paris. 

La conséquence est claire : tous les pays doivent s’engager, à la COP24, à mettre en place des processus nationaux permettant d’améliorer leurs feuilles de route sur le climat. 

Et la France, dans tout ça ? Est-elle à la hauteur ?

La France n’est pas exemplaire sur le climat. Ses émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse. Elle a relevé ses plafonds d’émissions de gaz à effet de serre pendant les 5 prochaines années (jusqu’en 2023), faute d’action suffisante pour tenir ses engagements. 

Que devrait-elle faire pour les tenir ?
- Accélérer les économies d’énergie dans le bâtiment
- Continuer le déploiement des solutions pour réduire notre dépendance au pétrole et donc à la voiture diesel et essence, en ville comme dans les zones peu denses. L’objectif est de créer un véritable bouclier écologique et social, contre le dérèglement climatique et la hausse des prix des carburants. Par exemple, il est nécessaire d’augmenter les financements aux mobilités douces et aux transports en commun, supprimer les niches fiscales pour le kérosène des avions ou le diesel des camions
- Accélérer la transformation agricole (l’agriculture représentant 20% des émissions de gaz à effet de serre de la France). Cela passe notamment par la mise en oeuvre effective des objectifs de la loi sur les repas bio et avec moins de viande dans les cantines.

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