Penser la transition

Cultiver des plantes mellifères pour contribuer à la sauvegarde des abeilles et d'autres pollinisateurs

Publié le 14 avril 2020
75% de notre nourriture (fruits, légumes, colza, noix, amandes…) dépend directement des pollinisateurs comme les abeilles, les papillons ou les bourdons. Cependant, 80% des insectes auraient disparu en Europe depuis 30 ans ! En cause : majoritairement les pratiques d’agriculture intensive, couplées au dérèglement climatique. Les décideurs politiques ont un rôle à jouer pour inverser la tendance, mais que faire au niveau individuel pour aider les pollinisateurs ? Que ce soit à votre fenêtre, dans votre jardin, ou sur votre balcon, il est possible de cultiver des plantes mellifères qui pourront subvenir à leurs besoins alimentaires et contribuer ainsi à leur sauvegarde.

L'importance des pollinisateurs

Les pollinisateurs sont essentiels pour notre survie et pourtant en déclin. Actuellement, le taux de mortalité des abeilles est de 30%, alors qu’il était de 5% en 1990 ! L’extinction des abeilles serait non seulement un bouleversement pour notre autonomie alimentaire mais aussi un désastre économique, puisque cela coûterait 2,9 milliards d’euros par an à la France, selon une étude publiée par le ministère de l’Environnement.

Pourquoi ce déclin ? Une des causes identifiées est l’utilisation massive des pesticides. En effet, le but des pesticides de synthèse est entre autres de lutter contre les insectes ravageurs de plantes que l’on cultive. Or, les pollinisateurs se font également empoisonner : une analyse toxicologique des abeilles domestiques mortes en Europe montre que 98 % des abeilles examinées étaient empoisonnées par plusieurs résidus de pesticides. 

De plus, l’agriculture intensive en pesticides accentue les carences alimentaires des abeilles puisqu’elle uniformise les paysages en favorisant la monoculture et l’absence de diversité florale agricole, horticole et sauvage dont elles ont besoin pour butiner. Par exemple, ce qui peut être considéré en agriculture intensive comme de mauvaises herbes (pissenlit, chicorée sauvage, etc.), est pour les abeilles une ressource alimentaire précieuse. De même, les arbres (abricotiers, amandiers), les arbustes (bruyères, buis), les cultures (artichaut, carotte, chicorée, colza, luzerne ou bourrache), les bandes enherbées sont nécessaires à la bonne santé des pollinisateurs.

Par ailleurs, le dérèglement climatique aggrave la fragilité des pollinisateurs, puisqu’avec le dérèglement des saisons, certaines plantes peuvent fleurir plus tôt que prévu, ce qui change le régime alimentaire des abeilles et peut perturber leur accès à la nourriture.

Les pouvoirs publics doivent investir dans l’agroécologie, respectueuse de la biodiversité et de notre santé. Au niveau individuel, nous pouvons également aider les pollinisateurs à satisfaire leurs besoins alimentaires, grâce aux plantes mellifères.

 

C’est quoi une plante mellifère ?

Les plantes mellifères sont les plantes (fleurs, arbres, arbustes) qui produisent de bonnes quantités de nectar et de pollen de qualité pour subvenir aux besoins alimentaires des pollinisateurs (abeilles domestiques et sauvages, papillons, bourdons…).  

Les pollinisateurs vont venir sur ces plantes pour récolter le nectar et le pollen nécessaire pour se nourrir, et vont à leur passage disséminer le pollen de fleur en fleur, participant ainsi à leur fécondation et donc à la reproduction des plantes.

Avoir des plantes mellifères dans votre jardin ou votre potager c’est du gagnant-gagnant. Non seulement vous nourrissez les abeilles, qui pollinisent vos cultures, mais cela vous permet aussi de cultiver vos légumes au naturel plus facilement et sans l’aide de pesticides de synthèse. En effet, de nombreuses plantes mellifères sont également des parfaits répulsifs pour certains ravageurs. Par exemple, le souci et les capucines chasseront les pucerons et le thym éloignera les mouches. 

Calendrier de plantation : quelles mellifères semer ou planter à chaque saison ?

Pour vous approvisionner en graines, direction le site de l’association Kokopelli, qui propose des graines et des plants biologiques, libres de droits et reproductibles.

Printemps (21 mars-21 juin)

Artichaut

Aster

Aneth : à partir d’avril

Bleuets : avril-mai

Bruyère cendrée 

Bourrache : mars-avril

Calendula ou souci : avril-mai

Carotte : mi mai-fin juin

Cocombre

Coriandre

Coquelicot : début avril

Crocus

Dahlia : avril-mai

Epilobe

Fenouil : avril-juin

Fraisier : mars-avril

Géranium : avril-mai

Giroflée ravenelle : avril-juin

Héllebore : mars-avril-mai

Lavande : avril-juin

Lotier corniculé : avril-juin

Luzerne : fin mars-début avril

Népéta : mars-avril

Marguerite : mars-avril

Mélilot : mars-septembre

Menthe : mars-avril-mai

Panais : février-juin

Phacélie : mi mars-mi mai

Pied d’alouette

Romarin

Sainfoin : février-mars

Sarrasin : fin avril-fin juin

Sauge : avril-mai

Solidago : janvier-avril

Thym : avril-mai

Topinambour : mars-avril

Tournesol : avril-mai, après les gelées

Trèfle blanc : mars-avril

Trèfle violet : mars-fin juin

Vipérine : mars-fin avril 

Été (21 juin-22 septembre)

Ail des ours : juillet-mars

Carotte : juin-début juillet

Lotier corniculé : avril-juin et septembre-octobre

Luzerne : fin août-début septembre

Mélilot : mars-septembre

Moutarde des champs : mars-septembre

Violette 

Automne (22 septembre-21 décembre)

Bruyère cendrée

Coriandre

Giroflée ravenelle : septembre-octobre

Hellebore : septembre-octobre-novembre

Jacinthe

Lavande : septembre-octobre

Marguerite : septembre-octobre

Perce neige

Pied d’alouette

Romarin

Solidago : octobre-novembre-décembre

Hiver (22 décembre-20 mars)

Carotte : à partir de février sous châssis

Panais : février-juin

(Liste non exhaustive)


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