Penser la transition

Des pistes pour améliorer le bien-être animal dans les filières d'élevages

Publié le 10 octobre 2018
L'élevage intensif à échelle industrielle a de forts impacts négatifs sur l'environnement : baisse de la fertilité et érosion des sols, pollution des eaux, fortes émissions de gaz à effet de serre… Par ailleurs, les souffrances animales qui découlent de ces pratiques intensives en disent long sur nos rapports avec les êtres vivants qui finissent dans nos assiettes. Alors, bien-être animal dans les filières d'élevage : de quoi parle-t-on ? Pourquoi l'améliorer, et surtout, comment ?

Bien être animal

Le bien-être animal, qu'est-ce-que c'est ?

Nous élevons des animaux pour répondre à nos besoins comme nous nourrir et nous vêtir. Mais peu à peu, les impératifs de rentabilité et les exigences économiques ont transformé ce secteur. Les innovations techniques et génétiques ont renforcé la logique productiviste : il faut produire toujours plus de viande, de lait, d'œufs, le tout à moindres coûts et dans un monde concurrentiel. La qualité de vie des animaux a directement pâti de cette transformation. 

Les études scientifiques confirment aujourd'hui que les animaux sont des êtres sensibles. La douleur, le stress, l'ennui ou l'immobilité forcée entrainent des séquelles psychologiques pouvant aller jusqu'à des comportements autodestructeurs. 

Pour définir le bien-être animal, l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) reprend les "5 libertés" essentielles (1). Les humains responsables d'animaux doivent garantir à ces derniers :

  • L'absence de faim et de soif.
  • L'absence d'inconfort, par un environnement adapté comprenant un abri.
  • L'absence de douleur, de blessure, de maladie.
  • La liberté de pouvoir exprimer un comportement normal, grâce à un environnement et des infrastructures adaptés.
  • L'absence de peur et de détresse, pour éviter toute souffrance mentale.

Pourquoi faut-il améliorer le bien-être animal, au-delà de la problématique de leur sensibilité ? 

Aujourd'hui, l'écart entre les principes édictés et la réalité de l'élevage intensif est immense et les pouvoirs publics sont frileux à le réduire. Les poules sont encore entassées dans des cages, les porcelets castrés à vif, ou les poussins broyés. 

C'est un enjeu de santé animale et humaine :

L'élevage intensif accroit les maladies chez les animaux et favorise les épidémies. C'est d'ailleurs parce que les animaux sont élevés de manière intensive qu'ils développent plus de maladies et que les éleveurs recourent à des antibiotiques. Ce type d'élevage favorise aussi la transmission d'agents pathogènes dangereux pour les consommateurs. Cela prend la forme de scandales comme ceux des œufs ou du lait contaminés. Les produits animaux de moindre qualité nutritionnelle accroissent également les risques de développer des maladies cardiaques, du diabète, de l'obésité ou certains cancers. 

Une souffrance humaine et pas seulement animale :

Les conditions de travail souvent difficiles ont des conséquences néfastes sur la santé des éleveurs et des employés d'abattoir, souvent en situation précaire. Rehausser les exigences en matière de bien-être animal revient à augmenter celui des humains qui travaillent à leurs côtés. 

C'est l'affaire de toute et tous, pas que celle des éleveurs : comment faire à son niveau ?

Plusieurs choix sont possibles en matière d'alimentation. Celles et ceux qui se tournent vers le végétarisme réduisent la souffrance animale en éliminant la viande de leurs habitudes alimentaires. Si vous n'êtes pas encore prêt à passer le pas, voici quelques clés pour adopter un comportement responsable.

Moins de viande, plus d'alternatives :

Remplacer la viande par des légumineuses comme les lentilles, les pois chiches, les haricots rouges et blancs, les graines de quinoa, de chanvre ou de chia, en association avec des céréales (couscous, riz, blé…) : elles apportent autant de protéines, tout en diversifiant votre alimentation !

Quoiqu'il en soit, les médecins recommandent en général de ne pas dépasser 250 à 300 grammes par semaine selon le profil des individus, soit deux fois par semaine maximum. Optez donc pour des viandes biologiques ou sous Label Rouge, qui garantissent normalement un niveau plancher de bien-être animal. Concernant les œufs, privilégiez également les Label Rouge ou les œufs plein air. 

Moins de viande, de meilleure qualité :

Soyez vigilant à votre consommation de produits transformés ; ils contiennent souvent des produits d'origine animale de moindre qualité, souvent difficiles à retracer. Le mieux est donc de privilégier les pièces de boucherie et de poissonnerie, garantissant une meilleure visibilité sur la qualité et l'origine des protéines carnées.


(1) Inspirée du Farm Animal Welfare Council.