Penser la transition

Donner son avis pour changer d’agriculture, c’est possible !

Publié le 21 février 2020
Le débat reprend à partir du 11 septembre : Que voulez-vous dans votre assiette ? Quels paysages souhaitez-vous admirer : êtes-vous plutôt Beauce ou plutôt bocage ? Quelle place du monde agricole dans nos campagnes ? Tout le monde est appelé à s’exprimer sur l’alimentation et l’agriculture de demain à l'occasion du débat public sur la prochaine réforme de notre Politique Agricole Commune.

Organisé par la Commission nationale du débat public dans le cadre des travaux préparatoires de la prochaine réforme de la Politique agricole commune (PAC), ce débat invite chaque citoyen à donner son avis sur ce qui va et sur ce qui ne va pas dans l’agriculture et l’alimentation d’aujourd’hui. Mais surtout il invite à se projeter : que doit-on faire évoluer ? Comment ? Quelles solutions concrètes mettre en place pour prendre en compte les défis sanitaires, environnementaux, d’emploi, ou de bien-être des agriculteurs ? Les conclusions seront remises au ministère de l’Agriculture, chargé de piloter la réforme, qui attend du débat public « qu’il donne les priorités sur lesquelles doivent être ciblées les mesures et financements de la PAC » et s’engage à « reconsidérer certains choix à la suite du débat public ».

Agriculture

Pourquoi organiser un débat sur l’agriculture et l’alimentation maintenant ?

Car la Politique agricole commune est actuellement en pleine réforme. Première politique de l’Union européenne, la PAC détermine le montant et la répartition des subventions destinées aux agriculteurs européens. Elle nous concerne ainsi toutes et tous puisqu’elle détermine largement comment les produits que nous consommons sont cultivés ou élevés. Bref, la PAC détermine non seulement ce que l’on va retrouver dans nos assiettes, mais aussi la qualité de vie de nos agriculteurs.

La PAC est reformée tous les 7 ans. En 2020, les pays européens déterminent les nouvelles orientations qui entreront en vigueur pour la période 2021-2027. Pour la première fois, des débats publics sont organisés à destination des citoyens sur le sujet par la Commission Nationale du débat public, saisie de manière obligatoire par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.  

Lancés à l’occasion du Salon international de l’agriculture 2020 et mis en pause en raison de la crise sanitaire de la Covid-19, ces débats reprennent et sont l’occasion de se prononcer sur les sujets suivants : 

  • quels modèles agricoles pour la société française ? 
  • quelle transition agroécologique ? 
  • qu'est-ce que je mange ? 
  • comment cohabiter dans les campagnes ? 
  • qui décide de la politique agricole ?

Pourquoi ce débat sur l’agriculture et l’alimentation nous concerne tous ?

Parce qu’il détermine comment la France va produire nos aliments, mais aussi parce que nous participons tous à cette politique financièrement. Saviez-vous que chaque citoyen, en payant ses impôts, contribue au budget de la PAC à hauteur de 114 euros/an pour un budget colossal de 55 milliards d’euros/an (soit 38% du budget de l’Union européenne) ?

La France en perçoit 9 milliards d’euros chaque année qui sont réparties selon les priorités établies. Alors nous avons intérêt à nous prononcer pour inverser la tendance actuelle.

Depuis des décennies, la majorité du budget de la PAC bénéficie en effet à la grande distribution et à un modèle agricole qui contribue au dérèglement climatique (près de 20% aux émissions de gaz à effet de serre en France), pollue l’eau, appauvrit les sols, tue la biodiversité (80% des insectes auraient disparu en 30 ans en Europe), et nuit à la santé humaine, à commencer par celle des agriculteurs et les enferme dans la précarité. 

  • Le salaire moyen des agriculteurs se situe à 1 250 euros par mois (selon la <Mutualité sociale agricole) et un quart des agriculteurs vit sous le seuil de pauvreté (selon l'INSEE).  
  • En 60 ans, l’agriculture française a perdu 80 % de ses exploitations et plus de cinq millions d’emplois agricoles… Un agriculteur se suicide tous les jours en France.

Alors qu’un autre modèle comme l’agroécologie a plus que prouvé son efficacité.

Comment participer au débat ?

Les prochaines dates des réunions publiques :
11 septembre : Châlons-en-Champagne (GRAND EST) - Quels modèles agricoles pour la société française ?
18 septembre : Saint-Lô (NORMANDIE) - Ressources naturelles et agriculture : Quels apports ? Quels impacts ?
30 septembre : Forcalquier (PACA) - Comment cohabiter dans les campagnes ?
6 octobre : Poligny (BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ) - Quelle transition agroécologique pour l'agriculture ?
9 octobre : Bourges (CENTRE-VAL-DE-LOIRE) - Demain, quels agriculteurs et combien ?
12 octobre : Bourg les Valence (AUVERGNE-RHÔNE-ALPES) - Se former au métier d'agriculteur : perspectives et enjeux.
16 octobre : Angers (PAYS-DE-LA-LOIRE) - Nouvelles technologies et innovations : quels impacts, quelles opportunités pour le monde agricole ?
20 octobre : Angoulême (NOUVELLE-AQUITAINE) - Souveraineté alimentaire.
22 octobre : Tarbes (OCCITANIE) - Revenu agricole : comment relever le défi ?
26 octobre : Beauvais (HAUTS-DE-FRANCE) - Accéder à la terre quand on veut être agriculteur, comment ça marche ?
28 octobre : Saint-Brieuc (BRETAGNE) - Quelle évolution des pratiques d'élevage ?