Penser la transition

Energies renouvelables : démêlons le vrai du faux !

Publié le 29 mai 2018
Éolien, solaire, biogaz, géothermie, énergies marines…N’en déplaisent aux plus sceptiques, les énergies renouvelables ont le vent en poupe. Pourtant les mythes ont la vie dure. Ensemble, démêlons le vrai du faux.

Champs eolien

Les énergies renouvelables c’est trop cher : Faux. 

Les plus largement développées – Hydraulique, éolien, photovoltaïque, et biomasse (bois énergie) - atteignent un niveau de coût compétitif avec les technologies conventionnelles. Qui aurait pu imaginer, par exemple, il y a 10 ans, que le coût du solaire photovoltaïque serait divisé par 10 ? A titre de comparaison le coût de l’électricité qui sortira de l’EPR de Flamanville sera près de deux fois celui du photovoltaïque français. 

Le soleil et le vent, c’est pas fiable : Faux

L’énergie éolienne est variable, mais pas intermittente. Sur le territoire, les éoliennes produisent en moyenne 95% du temps. Avec les nouvelles technologies, on peut aussi prévoir de plus en plus la production d’une éolienne, 3 jours à l’avance. Et grâce aux évolutions technologiques, une éolienne peut désormais produire même avec des vents faibles. Rappelons que les éoliennes ont joué un rôle crucial et montré leur fiabilité pour produire à la place du nucléaire, quand, en janvier 2017, donc en période de froid, l’ASN a demandé la fermeture de 6 réacteurs pour des raisons de sûreté.

Quant au solaire, trop de gens pensent encore que les équipements thermiques et photovoltaïques ne sont pas adaptés au climat du Nord. Que dire alors des pays scandinaves et de l’Allemagne qui ont largement développé la filière chez eux. Evidemment moins productif que dans le Sahara, le solaire n’en reste pas moins utile et complémentaire avec d’autres sources d’énergie renouvelable.

On ne va pas couvrir la planète et les océans de champs de panneaux photovoltaïques et d’éoliennes ! Evidemment non…

Un scénario 100% énergies renouvelables pour l'électricité en France implique d’implanter 18 000 éoliennes sur le territoire à horizon 2050. A titre de comparaison, il y en a déjà 24 000 aujourd’hui en Allemagne.

Pour le solaire, il a été calculé qu’environ 1% du territoire, soit 5000 km2 de surface recouverte de panneaux photovoltaïques suffirait à combler la demande en France.

Renouvelable, renouvelable… mais pas si neutre que ça quand même ! Vrai et faux 

Faux. Sources d’énergie accessibles, l’eau, le soleil et le vent n’émettent ni gaz à effet de serre, ni particules fines. Bien qu’elle ne soit pas exploitable en l’état, une heure de lumière solaire envoie sur la planète l’équivalent de ce que le monde consomme actuellement en un an. Ça donne une idée « éclairée » du caractère intarissable de l’énergie solaire !

Un peu vrai car les installations permettant de capter ces énergies propres produisent des quantités variables de Co2.

Pour une éolienne, ça correspond à 12,7g de CO2 par kwh sur la totalité de son cycle de vie ! Une émission de Co2 rapidement compensée après douze mois d’utilisation. 
Pour le solaire, c’est l’usage et la transformation du silicium, de terres rares et de plastique pour fabriquer les cellules photovoltaïques des panneaux qui plombe le coût énergétique. Mais bonne nouvelle la marge de progression est énorme grâce au recyclage et à des technologies de plus en plus performantes.
Les grands barrages hydroélectriques sont d’un point de vue écologique les plus impactants. Comme ils modifient leur environnement, les projets de constructions titanesques sont aujourd’hui très contestés.

L’éolien reste l’énergie renouvelable la plus controversée. Petit florilège des critiques. Dans l’ordre : 

C’est moche : ça se défend…
On a bien fini par s’habituer aux autoroutes et aux grandes tours de béton. Tout est affaire de perspective, et de rapport aux bénéfices portés par le secteur. C’est vrai que la pollution de l’air et le changement climatique sont invisibles à l’œil nu mais, dans un futur relativement proche, ils menacent d’appauvrir et de défigurer le paysage bien plus sûrement que les éoliennes.

C’est bruyant : Faux
A 500 mètres (distance obligatoire pour une habitation), une éolienne produit 30 db, soit le bruit ambiant dans une chambre à coucher. A titre de comparaison, un frigo produit 40 db en moyenne. En France, la règlementation est stricte :  les éoliennes ne doivent pas dépasser le bruit ambiant de 5 db le jour, et de 3 db la nuit.

Ça tue les oiseaux : Vrai… mais pas autant qu’on le pense.
En France, la mortalité des oiseaux est estimée par la LPO entre 6,6 et 7,2 individus par an par éolienne. C’est moins que dans d’autres pays, comme le Canada. Il est possible de limiter au maximum l’impact sur les oiseaux en choisissant le lieu d’implantation des éoliennes (ex : loin des points de passage des oiseaux en migration). Secteur très encadré par la loi, les professionnels ont à coeur d’améliorer leurs pratiques et les études montrent que la production d’électricité éolienne en France ne met pas en péril la survie d’espèces protégées ou même abondantes.