Penser la transition

Eco-mobilité, un virage à prendre avec les assises de la mobilité

Publié le 05 décembre 2017
Comment améliorer les transports du quotidien ? Qu’est-ce que l’arrivée des voitures électriques va changer ? Comment permettre à tous ceux qui le souhaitent de se déplacer à vélo au quotidien en toute sécurité ? Autant de questions qui nous interpellent sur nos pratiques quotidiennes, aujourd’hui et demain, et qui ont été au cœur des débats depuis septembre et le lancement par le gouvernement des Assises de la mobilité. Alors que ce moment de débat inédit se clôture, et avant le débat sur la loi Mobilité qui aura lieu en 2018, la FNH fait le point sur les enjeux et les attentes.

Assise de la mobilité : quels enseignements sur l’éco-mobilité ?

Les Assises ont rassemblé de nombreux acteurs, collectivités, ONG, opérateurs de transports, start up porteuses d’innovation, spécialistes... Le débat a été riche, et pour cause, nos façons de bouger sont en pleine transformation, sous l’effet des innovations technologiques notamment (l’usage massif des applications mobiles en est une des faces les plus visibles). Mais le défi est de taille : les transports sont encore le premier secteur d’émission de gaz à effet de serre (plus de 30% des GES en France !) et les inégalités se sont creusés entre les métropoles et les territoires les moins denses, là où les transports publics se raréfient. Il s’agit de prendre, enfin, le virage vers la mobilité durable.

L’écomobilité : une nouvelle manière de se déplacer

La mobilité durable, ou l’écomobilité, est le résultat d’une réflexion menée par des citoyens et des acteurs de la vie publique qui aspirent à redéfinir et repenser la gestion des modes de transports pour limiter l’impact environnemental, améliorer l’efficacité énergétique et lutter contre le réchauffement climatique et protéger l’écologie. La prise de conscience collective et le plan d’action des pouvoirs publics ont pour objectif de réduire l’utilisation des énergies fossiles dans le secteur du transport en favorisant la performance énergétique grâce à un réseau de transport plus respectueux et viable avec une empreinte carbone moindre.

La mobilité durable repose sur l’intermodalité de chaque transport pour convenir à tous. Cette volonté vise à établir un nouveau modèle écologique et notamment dans le paysage urbain. L’écomobilité ne traite pas uniquement des enjeux environnementaux : elle doit prendre en compte les enjeux économiques et les enjeux sociétaux. Mettre fin à la précarité énergétique, introduire plus de biocarburants, encourager le public à utiliser des transports avec des impacts environnementaux faibles comme les transports collectifs sont des actions qui amènent à penser à un nouveau modèle économique et une transformation de l’espace public grâce à la recherche et développement notamment.

Investie tout au long du processus dans plusieurs groupes de travail, la FNH porte 4 grandes priorités et la nécessité de choix politiques ambitieux et structurants.

Les Assises déboucheront en 2018 sur un projet de loi d’orientation des mobilités, 35 ans après la loi Transport (LOTI). Cette loi déterminera l’évolution du secteur dans les années à venir, les politiques publiques pour favoriser les transports en commun, le vélo, le train. Elle fixera le cap, pour maîtriser et réduire l’impact de nos déplacements sur notre environnement. Elle sera ainsi une étape importante dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris, pour atteindre les objectifs que la France s’est fixé à horizon 2030. A plus court terme, elle doit permettre de répondre à l’urgence sanitaire et réduire la pollution de l’air.

À cette exigence de résultat, s’ajoute une obligation de moyens, qui touche aux pratiques d’aménagement et d’urbanisme. En effet, celles-ci ont privilégié depuis plusieurs décennies l’étalement urbain, l’allongement des distances, et par là la dépendance d’un trop grand nombre de foyers, dans les zones peu denses et rurales, à la voiture individuelle. Une réalité qui pèse sur les budgets, sur la santé publique, et sur l’environnement. Il est temps de favoriser une diversité de modes de déplacements, et en premier lieu les modes les moins polluants.

Les 5 priorités de la FNH à l’issue des Assises de la mobilité

1. Une feuille de route pour le déploiement des véhicules électriques : 

Pour une industrie responsable et des politiques publiques attentives à la demande :
Le Ministre de la transition écologique a fixé le cap : fin de la vente des véhicules diesel et essence en 2040. Les Assises devront déboucher sur une feuille de route qui précisera les mesures à mettre en place dans les 5 années à venir et en particulier les modalités de déploiement des véhicules électriques.

2. Un plan vélo national :

Création d’un fond national de 200 millions d’euros et soutien à l’innovation
La FNH, avec le Réseau Action Climat et la Fédération des Usagers de la Bicyclette, appelle à la création d’un fond national dédié au vélo, doté de 200 millions s’euros par an, pour lancer une véritable politique nationale en faveur des mobilités actives – marche et vélo. L’objectif : développer les infrastructures, les équipements, mais également sensibiliser et former à la pratique le plus grand nombre.

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3. Des outils réglementaires pour maîtriser la demande de mobilité

La FNH porte des propositions pour réduire les externalités négatives liées à l’usage intensif du véhicule individuel et développer les nouveaux services notamment en zone peu dense : covoiturage, autopartage, transport à la demande, et information multimodale. Au-delà des solutions, il s’agit de maîtriser la demande de mobilité et de réduire progressivement la dépendance des ménages à la voiture individuelle, en faisant évoluer les pratiques d’aménagement et d’urbanisme.
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4. Un Moratoire sur les grands projets d’infrastructure climaticides

Un moratoire est attendu sur les grands projets d’infrastructures non compatibles avec l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris.

5. Un plan de modernisation du ferroviaire

Le manque d’ambition pour le ferroviaire, et en particulier pour le réseau secondaire, depuis de trop nombreuses années engendre un report du trafic sur la route, qui va de pair avec une augmentation de la pollution de l’air et des émissions des gaz à effet de serre.  La FNH propose de reconsidérer le potentiel écologique et économique du train, et demande au gouvernement de redonner une ambition au ferroviaire en misant sur son potentiel écologique et économique.

Proposition de la FNH pour les asises de la Mobilités