Penser la transition

Loi agricole : La restauration collective bio et locale s'impose

Publié le 05 avril 2018
Du 27 au 29 mars, les députés de la commission développement durable de l'Assemblée Nationale ont examiné le projet de loi Alimentation. Très active dans le suivi de ce projet de loi, la FNH est particulièrement vigilante à la restauration collective qui doit évoluer pour proposer à tous des produits de qualité, locaux et de saison. Avec d'autres organisations, elle a porté auprès des députés plusieurs amendements et des avancées notables sont ressorties des débats. Cette commission fut un premier temps positif que nous suivrons tout au long de la navette parlementaire, jusqu'à l'adoption définitive du texte en juin prochain.

Zoom sur les progrès enregistrés suite au travail des parlementaires :

Des objectifs gravés dans le marbre de la loi : 
Alors qu'Emmanuel Macron avait déclaré souhaiter introduire dans la restauration collective, 50 % de produits durables et 20% de produits bio, les chiffres ne figuraient pas dans la loi. Alors que plusieurs lois précédentes ont tenté de mettre un objectif et ont été retoquée, les députés ont enfin inscrit l'objectif dans le texte ! C'est un gage de permanence de l'engagement. 

Une ambition pour la bio : 
L'agriculture biologique est un mode de production sans produits chimiques de synthèse et certifié par un organisme tiers. Plus qu'un produit, c'est un modèle de société que la bio propose : un environnement préservé, le respect des hommes et des animaux qui travaillent, et un prix juste pour les producteurs. 
A ce jour, l'agriculture biologique ne représente que 3% des produits servis en restauration collective, demain (en 2022) elle devrait monter à 20% ! La FNH a même poussé pour qu'elle atteigne 30%. 

Les produits durables :
Commerce équitable, label Rouge, AOC, Produits de montage, AB, Haute Valeur environnementale, produits de saison… Ces produits constitueront demain au moins 50% des assiettes de nos cantines !

L'extension aux personnes privées :
Enfin, grâce au débat parlementaire, toutes les obligations ci-dessus ont été étendues aux personnes privées gérant des restaurants servant des publics dits " sensibles " : pas de raison que les petits d'une crèche ou les jeunes d'un collège privé n'ait pas accès aux mêmes droits. 
Pour atteindre ces objectifs sans se ruiner, les restaurants sont invités à mettre en œuvre 2 plans : 

  • Un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire 
  • Un plan de réduction des protéines animales (pour viser au remplacement par les protéines végétales)

Par ailleurs, la FNH et plusieurs autres organisations préconisent que l'Etat et les collectivités donnent un coup de pouce aux restaurants collectifs à travers un "bonus cantines bio et locales". 

Dans quelques mois, le texte sera définitivement adopté. Demandons à nos élus de conserver leur ambition pour l'alimentation saine.