Penser la transition

Mobilité post-Covid-19 : pour un fonds d’urgence vélo de 500 millions d’euros

Publié le 27 avril 2020
Quelle mobilité pour les Français à partir du 11 mai ? Les conditions dans lesquelles nous pourrons nous déplacer est un sujet essentiel de la politique de déconfinement. L’enjeu : respecter les mesures de distanciation sociale tout en prévenant l’usage massif de la voiture individuelle et limiter ainsi la pollution de l’air. Pour y répondre, le vélo semble indispensable dans l’équation. L’Etat et les collectivités doivent se mobiliser en masse en faveur d’un urbanisme tactique. Mais avec quels moyens ? La FNH défend la création d’un fonds d’urgence qui permettent aux collectivités d’assurer le déploiement de pistes cyclables temporaires sur l’ensemble du territoire, et de rendre la solution vélo accessible au plus grand nombre, en soutenant l’achat et la réparation.

Le vélo, un moyen de transport à privilégier post Covid

Pourquoi le vélo est une solution à privilégier ?

À l’heure du déconfinement, bon nombre d’usagers risquent de privilégier la voiture individuelle aux transports en commun. Or, il est nécessaire de prévenir à tout prix une dégradation de la qualité de l’air. En effet, le trafic routier est l’un des premiers secteurs émetteurs de polluants atmosphériques (notamment pour le dioxyde d'azote). Les effets désastreux de la pollution atmosphérique sur la santé ne sont plus à démontrer et plusieurs études semblent indiquer un lien entre pollution de l’air et mortalité au Covid-19.

Par ailleurs, l’espace public est limité. Aujourd’hui, sur l’ensemble du territoire national, il est prioritairement dédié au trafic motorisé, au détriment des cyclistes et des piétons. Dans les agglomérations, il est admis que l’affluence dans les transports collectifs devra être limitée, pour pouvoir respecter une sécurité sanitaire minimale.

Cette situation sanitaire exige un nouveau partage de l’espace, avec un rééquilibrage de l’espace dédié aux cyclistes et aux piétons, afin de permettre à chacun de pouvoir se déplacer tout en respectant les règles de distanciation physique. 

Le vélo permet de respecter la distanciation physique pour les déplacements du quotidien, et pourrait être privilégié aux transports collectifs, tant que le risque sanitaire est présent. Il est de surcroît le mode de déplacement propre par excellence alors qu’un des enjeux à partir du 11 mai sera d’éviter de voir la pollution de l’air revenir. Enfin, le vélo est également bon pour la reprise d’une activité physique post confinement.

Et les Français, qu'en pensent-ils ? Selon un sondage vies mobile publié le 23 avril, ils se montrent favorables à l’usage du vélo après le confinement 

  • 38 % des Français déclarent avoir pris conscience que leurs déplacements pourraient être faits davantage en proximité, à pied ou à vélo. 
  • Après avoir vécu une limitation sans précédent de leurs déplacements, les Français sont tout de même majoritairement favorables à la mise en place post-confinement de mesures de rationnement visant à limiter leurs déplacements afin de lutter contre la crise climatique. La condition : cette limitation doit être équitable et donc ne doit pas permette aux plus aisés d’y déroger. 

Les collectivités ont besoin de moyens additionnels 

Pour que le vélo s’impose dans nos déplacements lors du déconfinement, il faut donner aux collectivités les moyens financiers nécessaires pour qu’elles puissent mettre en oeuvre des aménagements cyclables conséquents et les services vélos nécessaires : parking à vélos, services de location, aides à l’achat de vélo électriques, appui aux services de réparation, actions de remise en selle… La réponse à ces besoins requiert la création d'un fonds d’urgence vélo de 500 millions d’euros. C'est ce que demande au Gouvernement le Réseau action climat, dont la Fondation Nicolas Hulot fait partie.

Les cheminements de piétons sécurisés, ou encore la réduction de la vitesse maximale autorisée font partie des mesures attendues. Le déconfinement sera ainsi un moyen de tester de nouvelles façons de se déplacer, et d’encourager des plans de transformations pérennes. 

Malgré le contexte, il y a donc un réel potentiel à ce que la pratique cyclable en France gagne grandement en importance lors du déconfinement : à l’Etat de prendre les mesures nécessaires pour rendre ce changement possible !