Penser la transition

Pourquoi les OGM sont mauvais?

Publié le 09 novembre 2017

Qu’est-ce qu’un OGM ? 

Un OGM est un organisme génétiquement modifié. Il est défini par la directive européenne 2001/18 comme : un organisme, à l’exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle. 

La technique la plus utilisée et qui rentre aujourd’hui dans le cadre de la réglementation européenne, comme sa déclinaison française, est la transgénèse. La transgénèse est le fait d’intégrer un gène d’une plante donnée à une autre plante pour lui conférer une caractéristique recherchée. On obtient ainsi une nouvelle variété dotée de caractères particuliers comme celle de produire un insecticide pour lutter contre un ravageur donné par exemple.

Si les organismes issus de la transgénèse sont encadrés par la réglementation, et donc par la directive européenne, ce n’est pas le cas des autres techniques. En effet, il est aujourd’hui possible de modifier le matériel génétique par de nouvelles techniques (les new plant breeding technics ou NPBT) qui recouvrent d’autres procédés disponibles : mutagenèse dirigée par oligonucléotides, technologie des nucléases à doigts de zinc, cisgenèse ... Le plantes qui en sont issues sont appelées « nouveaux OGM ». Parmi ceux-ci, certaines plantes sont obtenues grâce à la mutagénène in vitro. Ces plantes, aujourd’hui cultivées, sont appelées « OGM cachés ».

Deux propriétés majeures sont données aux plantes génétiquement modifiées (concernant 99% des OGM produits sur la planète) :

- des plantes tolérantes aux herbicides, nommées TH : leur « intérêt » consiste à résister à la pulvérisation d’un herbicide utilisé pour tuer les autres plantes (les « mauvaises herbes ») 

- des plantes produisant un insecticide, appelées Bt : il s’agit notamment du maïs, du coton, du colza. L’insecticide est produit en continu dans la plante.

Production d'OGM en France

Quels sont les impacts sur l’environnement ?

Même si la littérature scientifique reste insuffisante pour connaître avec précision et dans le temps tous les impacts des cultures d’OGM sur l’environnement (sols, eau, biodiversité…), certains d’entre eux sont bien documentés. De nombreuses études ont ainsi mis en évidence les dommages qu’ils causent dans de nombreuses régions du monde.

Une contamination de l’environnement par les pesticides

Pour les plantes Bt (produisant un insecticide), il a ainsi été démontré qu’elles faisaient passer de l’insecticide par ses racines jusque dans le sol, où elles restent potentiellement actives pendant plusieurs mois.

Non seulement ces insecticides se retrouvent dans notre environnement mais ils peuvent toucher d’autres insectes que ceux pour lesquels ils sont utilisés. Des études montrent que le ver de terre ou le papillon Monarque sont ainsi indirectement touchés par l’insecticide. 

Pour les plantes TH (résistant aux herbicides) c’est un autre problème tout aussi dramatique : leur capacité à résister aux herbicides entraine une surconsommation de ceux-ci. De fait, on est loin de l’agriculture de précision puisque les herbicides – et en particulier le RoundUp - sont épandus sur d’immenses surfaces. 

Ce phénomène est particulièrement connu en Amérique du Nord où il a été montré une corrélation entre les surfaces cultivées d’OGM (coton, soja, maïs) et l’augmentation de l’utilisation d’herbicides. Au Canada on a observé une augmentation de 41% de la vente des herbicides suite à l’arrivée des cultures OGM. 

Des phénomènes de résistance et de tolérance en augmentation

Depuis quelques années, on observe le développement de résistances chez les insectes en contact des plantes Bt (produisant un insecticide). Cela est le cas pour les cultures de coton Bt qui a conduit à des résistances de certains papillons aux USA. Idem pour le maïs Bt : deux insectes non-cibles sont devenus résistants au pesticide produit par la plante.

De même le cercle vicieux dans lequel se trouve les OGM tolérants aux herbicides conduit à la tolérance toujours plus grande, cette fois des « mauvaises herbes » (aussi appelées adventices). En effet, d’années en années et de pulvérisation en pulvérisation, les « mauvaises herbes » deviennent de plus en plus tolérantes, ce qui conduit encore à augmenter les doses… C’est ce qui a été observé récemment aux Etats-Unis avec l’amarante devenue peu à peu tolérante au RoundUp largement épandu sur le soja OGM. 

Cette course à l’épandage d’herbicide n’est bien entendu pas sans conséquences sur la qualité de l’eau et des sols… et de la biodiversité d’autant que l’utilisation d’OGM est le corollaire de systèmes de monocultures.

Quels sont les impacts sur la santé ?

Les impacts de la dissémination des pesticides dans l’environnement

Ils sont de mieux en mieux documentés : de leur caractère perturbateur endocrinien au développement de cancers, d’atrésie de l’œsophage, de polyneuropathie toxique sévère, (notamment liés au glyphosate épandu sur les champs d’OGM), la science, comme les témoignages, mettent chaque jour en évidence les multiples impacts des pesticides sur la santé humaine, soit de manière directe (pour les agriculteurs notamment) soit par l’intermédiaire de la chaîne alimentaire ou dans notre environnement.

Donc des plantes qui produisent des pesticides ou qui appellent à un usage accru de ceux-ci ne font que contribuer à ces impacts dramatiques.

Les risques concernant l’ingestion d’OGM par l’être humain ?

Malheureusement peu d’études sont encore menées aujourd’hui malgré les nombreuses interrogations qui existent sur l’innocuité des OGM sur la santé. Mais quelques risques sont d’ores et déjà identifiés et restent à préciser :

  • toxicologiques : quid de la toxicité des OGM une fois ingérés, notamment ceux produisant des insecticides ?
  • allergiques : y a-t-il des risques de développemnt d’allergies ?
  • de résistance aux antibiotiques : car « les producteurs d’OGM utilisent des gènes de résistance aux antibiotiques pour sélectionner les cellules végétales ayant intégré le transgène à exprimer » (source : Inf’OGM)

On le voit le champ de la santé reste largement à creuser pour nous garantir l’innocuité des OGM…

 

Stop aux OGM cachés