Penser la transition

Qualité, Proximité, Saisonnalité : la règle d'or pour bien se nourrir dans le respect de la nature et des hommes

Publié le 28 février 2018
Faire ses courses c'est exercer quotidiennement un " droit de vote " sur les modes de production. Par nos choix alimentaires nous avons les moyens de favoriser une agriculture plus respectueuse de la nature et des hommes. Pour préserver sa santé, l'environnement et soutenir les agriculteurs et producteurs qui s'engagent dans des filières de qualité, la règle d'or à suivre est qualité, proximité et saisonnalité. Autrement dit, il s'agit de privilégier des produits variés et de saison issus d'une agriculture locale et respectueuse de l'environnement. Quelques pistes pour agir tant individuellement que collectivement.

Stop aux fraises en hiver ! Je consomme des fruits et légumes de saison

Moins chers, les fruits et légumes de saison sont également meilleurs pour la planète. Acheter de saison permet en effet d'éviter de faire venir la marchandise de loin comme les fraises en hiver, souvent venues d'Espagne ou du Maroc et servies sur nos étalages en toute saison. Lourdement traitées, cueillies avant maturité pour assurer leur conservation durant leur voyage jusqu'en France, et présentant peu d'intérêt gustatif, elles sont grandes émettrices de gaz à effet de serre. Les fruits importés nécessitent en effet de 10 à 20 fois plus de pétrole !

Alors en mars, régalez-vous de citrons niçois, kiwis, poires, pommes... Pour les légumes, optez pour les asperges, betteraves, carottes, poireaux, pommes de terre, endives, et toutes sortes de choux.

Je consomme le plus possible local… jusqu'à 200 kilomètres autour de chez moi

Un produit peut être considéré comme local lorsqu'il est produit dans un rayon maximum de 200 kilomètres autour de chez nous. Manger local, c'est donc privilégier les circuits courts et favoriser les petits et moyens producteurs de votre région. Les circuits de proximité garantissent à la fois des produits frais, de saison et locaux, et souvent vont de pair avec une rémunération décente pour le producteur en limitant les intermédiaires.

En plus des marchés (1 agriculteur sur 5 vend sur un marché de plein vent), des magasins fermiers, et des grandes surfaces proposant des produits locaux, les AMAP - Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne - sont une alternative intéressante. Après avoir passé un contrat avec un agriculteur, ce qui lui confère une prévisibilité sur sa production annuelle, vous récupérez chaque semaine votre panier de fruits et légumes, œufs ou produits laitiers, directement chez l'agriculteur ou dans un point de collecte faisant la liaison entre paysans et consommateurs, notamment dans les grandes villes.

Pour trouver une AMAP près de chez vous, rendez-vous sur : http://reseau-amap.org

Dans le même ordre d'idée, mais entretenant une relation plus ponctuelle avec les agriculteurs locaux, vous pouvez rejoindre une ruche : https://laruchequiditoui.fr/fr

Le saviez-vous ?
Les produits locaux sont reconnaissables par ce logo : Logo Local
Il est principalement utilisé sur les étals des marchés mais les grandes surfaces commencent également à l'adopter.
schéma de distribution

 Je privilégie les labels de qualité…décryptage

Le label Agriculture Biologique   

Logo agriculture biologique

Le label AB, délivré par le ministère de l'Agriculture, et appliqué de façon identique dans toute l'Europe, identifie des produits composés d'au moins 95% d'ingrédients issus de l'agriculture biologique. Ce mode de production bon pour la santé de la planète, des riverains et des producteurs eux-mêmes, exclut l'usage des produits chimiques de synthèse (engrais et pesticides) et les OGM. Le label AB permet aussi de qualifier un élevage issu de piscicultures de qualité. Pour un vin, ce label donne des garanties sur les méthodes de viticulture, mais ne concerne pas les méthodes de vinification utilisées. 

Étant considéré comme un repère fiable par les consommateurs, le marché des produits biologiques est en explosion. Leur coût souvent plus élevé est dû au travail supplémentaire qu'il demande aux producteurs et à la juste rémunération qu'il procure. Absorber un surcout est possible. Manger bio nécessite de repenser sa façon de consommer : acheter davantage de produits bruts, cuisiner plus, moins de viande… 

Mais attention, certains distributeurs (marchés, supermarchés, magasins spécialisés) en profitent pour gonfler leurs marges !

Le Label Rouge

Logo Label Rouge

Il atteste que l'aliment possède, en conformité avec un cahier des charges complet, un ensemble de caractéristiques qui lui confère une qualité gustative et nutritionnelle supérieure à son équivalent sur le marché. Souvent utilisé pour les produits animaux et particulièrement les poulets, il garantit également un niveau de bien-être animal élevé. Ce label s'est récemment ouvert aux produits de la mer, d'abord d'aquaculture, puis de pêche. 

Les Labels AOC français ou AOP européen

Logo AOC et AOPL'Appellation d'Origine Contrôlée et l'Appellation d'Origine Protégée désignent des produits originaire d'une région spécifique. Ils garantissent une qualité résultant d'un terroir et du savoir-faire local des hommes. La plupart des fromages de nos régions sont produits sous signes de qualité : par exemple, le Selles sur Cher ou le Camembert de Normandie. Les vins ne sont pas en reste avec plus de 300 vins sous AOC (ex : Monbazillac ou Brouilly) et 70 sous IGP (ex : IGP Val de Loire ou Pays d'Hérault) ! 

Je limite ma consommation de viande et je la remplace par des légumineuses

La consommation de viande, notamment rouge, augmente les risques de développer certaines maladies cardiovasculaires et le cancer du côlon. Les médecins recommandent de ne pas dépasser 250 à 300 grammes par semaine selon le profil des individus. Cela revient à manger de la viande deux fois par semaine. 

Par ailleurs, la production de viande est particulièrement gourmande en eau potable et dégage beaucoup de gaz à effet de serre responsables du changement climatique. En plus d'être bénéfique pour la santé, limiter sa consommation de viande c'est agir pour la préservation de la planète.

Le saviez-vous ?
La production d'un kilo de bœuf nécessite 12 fois plus d'eau que la production de céréales qui peuvent en grande partie se substituer à la viande en matière d'apports de protéines.

Vous pouvez remplacer la viande par des légumineuses comme les lentilles, les pois chiches, les haricots rouges et blancs, les graines de quinoa, de chanvre ou de chia, en association avec des céréales (couscous, riz, blé…) elles apportent autant de protéines !

 Je choisis mon poisson avec soin…

Choisissez des poissons où l'inscription commerciale de l'espèce est bien précisée. Le poisson doit également comporter la méthode de production - élevage, rivière, mer - et la zone de capture le cas échéant. 

Certaines espèces en voie de disparition sont à éviter : Thon rouge, Saumonette et autres requins, Empereur, Saumon sauvage, Merlu, Mérou, Espadon, Flétan, Dorade et Cabillaud. De même, certains produits dérivés tels que les œufs de Cabillaud sont à éviter.

Vous pouvez alors privilégier une consommation raisonnable de Lotte, Eglefin, Merlan, Hareng, Maquereau, et Sardine.

Attention !
Méfiez-vous des mentions " pêche durable " parfois apposées. Le seul label garantissant les principes de pêche durable définis par l'ONU est le " Marine stewardship council " MSC
Logo Pêche durable

J'évite l'huile de palme

En ce qui concerne l'huile de palme, largement utilisée dans les produits transformés, sa sur consommation a de lourdes conséquences environnementales. Pour produire l'huile de palme des forêts tropicales sont rasées pour faire place à de larges étendues de monocultures, désorganisant complètement l'écosystème et provocant la disparition de nombreuses espèces. Soyez vigilants, l'huile de palme se trouve dans  de nombreux produits transformés (biscuits, pâtes à tartiner…) Mais, à la suite de la sensibilisation d'associations environnementales, de plus en plus d'industriels et de distributeurs s'engagent à exclure l'huile de palme de leurs produits. La mention " sans huile de palme " est ainsi souvent apposée.

Et pour les œufs ? Biologique, label rouge, plein air, frais, comment s'y retrouver ?

Les œufs comportent obligatoirement un code imprimé directement sur leur coquille. 

Pour nous repérer, nous sommes chanceux, ce code renseigne sur le mode l'élevage, le pays d'origine, et l'élevage d'origine.

Le premier chiffre correspond au mode d'élevage :
étiquetage oeuf0 = élevage biologique
1 = élevage plein air
2 = au sol
3 = en cage

Les deux lettres renvoient au pays d'origine, et le numéro qui suit correspond à l'identification de l'exploitation d'où provient l'œuf.

Oubliez les œufs notés 2 et 3. D'ailleurs la plupart des supermarchés sont en train de les bannir de leurs étals. 

Pour aller plus loin, téléchargez :

Notre " repère pour faire ses courses " ici : http://www.fondation-nature-homme.org/sites/default/files/publications/a...

Et le poster des fruits et légumes de saison http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/poster-des-fruits-et-legu...