Penser la transition

Retour sur l’interdiction des néonicotinoïdes ? Un retour en arrière rétrograde politiquement, inacceptable pour notre santé et celle des abeilles et contre-productif pour les agriculteurs

Publié le 26 juin 2017
Ce matin, le Ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a confirmé vouloir revenir sur l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes. Un retour en arrière inacceptable pour les citoyens, contre-productif pour les agriculteurs et politiquement rétrograde. Rappelons que le candidat Macron avait, durant la campagne, déclaré vouloir s'engager dans la transition écologique, puis confirmé ces propos  par la nomination de Nicolas Hulot, comme ministre d’état de la transition écologique et solidaire. La FNH s’interroge clairement sur la cohérence ou plutôt le manque de cohérence d’une telle décision qui entretiendrait également le cercle vicieux dans lequel se trouve déjà les agriculteurs.

La France, précurseur sur l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes depuis 2012 et son engagement sur le Cruiser, avait confirmé son temps d’avance européen en votant l’interdiction des néonicotinoïdes en 2016. Revenir sur ce vote serait à contre-courant des engagements français mais aussi européens puisque la Commission, suivant l’exemple de la France, est en passe d’interdire les trois principaux néonicotinoïdes utilisés en agriculture. 

Rappelons que les études scientifiques convergent sur le sujet : aucun doute n’est plus permis sur leur dangerosité. Les neonicotinoïdes, qui représentent 40% du marché des insecticides, sont dévastateurs pour les populations de pollinisateurs et pour la majorité des espèces animales… jusqu’à l’être humain pour qui on craint des impacts sur le développement du cerveau des plus jeunes.

Revenir sur cette interdiction c’est donc reculer sur la protection de la santé des citoyens. Les pesticides néonictonoïdes, dont certains sont perturbateurs endocriniens, restent des dizaines d’années dans les sols et l’eau, polluant notre environnement.  

Néonicotinoïdes

Mais ce n’est pas non plus rendre service aux agriculteurs qui ont besoin de continuité et de visibilité pour entrer de plein pied dans la transition agroécolgique, d'autant que nombres d’alternatives existent et ne demandent qu’à se développer. Il s’agit également de sortir du cercle vicieux de la perte des pollinisateurs qui mènera l’agriculture à sa perte : depuis 2002, 20 à 30% des abeilles ont disparu alors-même qu’elles permettent la pollinisation - gratuite - des cultures. Il n’y aura pas d’agriculture viable sans pollinisateurs.

L’interdiction des pesticides néonicotinoïdes avait été votée en 2016 après des mois de débats parlementaires et une mobilisation citoyenne sans précédent qui avait rassemblée plus de 670 000 signatures en faveur de cette interdiction.