Penser la transition

Post Covid-19 : Le temps est venu de construire une société plus résiliente face aux crises

Publié le 01 mai 2020
La crise du Covid-19 a révélé de nombreuses vulnérabilités économiques, sociales, écologiques, démocratiques qui doivent nous interroger sur le sens et les impacts de nos activités humaines. A partir des enseignements que l’on peut tirer de la crise du Covid-19, la Fondation Nicolas Hulot a analysé et construit des propositions pour un plan de transformation ambitieux, qui permettra de coupler relance économique, transition écologique et justice sociale. Chaque territoire a son rôle à jouer, chaque acteur économique et social a sa responsabilité. Nos propositions visent à tracer le chemin vers la résilience pour préparer nos sociétés au monde qui vient.

Le temps est venu de tirer les enseignements de la crise sanitaire

La crise sanitaire de 2020 a révélé les fragilités économiques, sociales, et politiques d’un monde basé sur une production intensive, délocalisée et complètement déliée des limites des ressources naturelles de notre planète. Comprendre ces fragilités est essentiel pour faire de l’après-crise un vrai moment de bascule vers un monde plus durable, juste et résilient.

crise sanitaire coronavirus

Le temps est venu de créer un fonds européen de relance et de transformation écologique

Les pays d’Europe et la Banque centrale européenne mobilisent des centaines de milliards d’euros pour limiter l’impact économique et social de la crise sanitaire. Si l’Europe ne profite pas de ce moment pour les aligner sur sa stratégie climatique, elle ne le fera jamais. Parce que le temps est venu de se donner de vrais moyens - de l’argent frais - pour financer un futur durable, nous demandons la création d’un fonds européen de relance et de transformation écologique de 2000 milliards d’euros pour mettre en commun les moyens budgétaires européens - par la mutualisation des dettes. Et c’est possible !

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Fonds solidaire européen

Le temps est venu de demander des contreparties aux soutiens budgétaires

Pour répondre à la crise actuelle, les pouvoirs publics ont mobilisé de nombreux outils et en particulier des dizaines voire centaines de milliards d’euros pour soutenir les secteurs et entreprises alors mis en difficulté. Ces soutiens, nécessaires, posent toutefois la question du cap que l’Etat souhaite donner aux acteurs économiques et à la société toute entière. Ainsi l’absence de contreparties écologiques à ces soutiens fait courir un risque économique et financier majeur à notre société, et pas seulement au climat. Les dépenses publiques doivent permettre à la fois d’éviter une casse sociale majeure et d'entamer une redirection des activités des entreprises concernées. Selon le Haut Conseil pour le climat, le soutien budgétaire, en particulier aux entreprises, doit ainsi être subordonné à l’adoption de plans d'investissements compatibles avec les enjeux écologiques et l’emploi.

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Demande de contreparties environnementales aux entreprises

Le temps est venu de financer la transition dans les collectivités territoriales

Portant 70% de l’investissement public, les collectivités joueront un rôle clé pour accroître notre résilience face à de nouvelles crises sanitaires, économiques et écologiques. Mais les vieilles recettes (visant à développer routes, ronds-points, constructions neuves, zones commerciales) n’y contribuent pas. Le temps est venu d’augmenter les moyens d’action des collectivités territoriales, à condition de les flécher à la transition écologique et sociale. Cela suppose d’investir dans la relocalisation d’une partie de la production et de la diversifier (notamment en ce qui concerne l’alimentation et l’énergie), dans l’efficacité énergétique des bâtiments pour améliorer l’autonomie énergétique du territoire ou dans l’amélioration des modes de transports doux et durables.

Les collectivités et la transition écologique

Le temps est venu de transformer le secteur automobile

Le Covid-19 ne fait qu’accentuer la profonde crise du secteur automobile : en 10 ans, 1 emploi sur 5 a été supprimés. La filière avait depuis deux ans déjà programmé des réductions d’effectifs pour les années à venir, afin de poursuivre les transformations d’un secteur qui automatise toujours plus, les délocalise et amorce sa conversion à l’électrique). Au delà des mesures de court terme nécessaires pour relancer le marché, il faut donc tirer des enseignements plus profonds. Il est nécessaire de développer une stratégie industrielle européenne et française qui s’inscrive en cohérence avec les objectifs de lutte contre la pollution de l’air et le changement climatique. C'est une condition de survie pour de nombreux acteurs de la filière, y compris pour les constructeurs français. 

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Transformer le secteur automobile

Le temps est venu de relocaliser notre agriculture et notre alimentation pour un modèle résilient et durable

La crise sanitaire du Covid-19 a révélé la fragilité du secteur agricole et alimentaire, qui se traduit par de nombreux agriculteurs en souffrance économique, mais aussi de nombreuses personnes en situation de précarité alimentaire. Durant la pandémie, des modèles agricoles plus diversifiés, plus autonomes et plus locaux ont démontré une plus grande résilience et permis un meilleur accès à l’alimentation. Il est aujourd’hui indispensable les renforcer et les généraliser en visant trois objectifs : largement relocaliser et diversifier écologiquement notre agriculture aet alimentation vec le rôle clef des collectivités territoriales, accélérer la transition agroécologique, faciliter l’installation des agriculteurs et la transmission des fermes en agroécologie et réguler les marchés afin de garantir des revenus plus justes et réduire les distorsions de concurrence.

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Relocaliser l'agriculture

Le tempest est venu de passer du libre-échange au juste échange

L’absence de règles contraignantes en matière sociale et environnementale dans le commerce mondial met en péril l’économie, les emplois et le climat. Suite à la crise du Covid-19, notre système mondialisé et dépendant des échanges est remis en cause. Le temps est venu de relocaliser et de dire non aux accords de commerce climaticides et injustes pour les producteurs européens. La France doit commencer par abandonner le CETA, ainsi que les négociations avec les pays du Mercosur. Pour mettre fin à la concurrence déloyale subie par les agriculteurs européens le temps est venu d’exiger le respect des mêmes règles sociales et environnementales aux produits importés qu'aux produits européens : si un pesticide est interdit au sein de notre territoire, l’importation de denrées produites avec ce même pesticide doit également être interdite.

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passer du libre-échange au juste échange