Les rapports entre humain et nature depuis 10 ans en 6 tendances

Publié le 30 juin 2020
Il y a 10 ans, la Fondation Nicolas Hulot lançait son programme J’agis pour la nature. Le principe était simple : mettre en relation, d’un côté, les citoyen·ne·s qui souhaitent donner de leur temps pour agir concrètement sur la biodiversité, et de l’autre, aider les structures associatives locales à trouver des participant·e·s afin de les aider à réaliser leurs missions. C’est ainsi que la plateforme jagispourlanature.org est née. Cette année, la plateforme fête ses 10 ans : l’occasion pour elle de revenir sur les rapports entre humain et nature.

Jagispourlanature.org : du bénévolat nature au loisir nature

La volonté de lancer une plateforme telle que jagispourlanature.org il y a 10 ans est née d’un double constat : d’un côté, la volonté grandissante pour les Français·es de faire du bénévolat dans des associations sans pour autant s’engager sur une longue période, et de l’autre, l’attrait croissant pour les citoyen·ne·s au sujet de l’état de la nature qui les poussent à vouloir retrousser leurs manches. Pour autant, il n’existait aucun outil unique qui proposait un large panel d’activités nature à réaliser autour de chez soi. C’est dans ce contexte que la Fondation Nicolas Hulot a créé en 2010 le programme J’agis pour la nature, en se basant donc sur deux principes :

  • Aucun engagement sur la durée : quelques heures dans une journée suffisent
  • Aucune compétence requise : seule la bonne volonté est nécessaire

Avec la volonté de démocratiser le bénévolat nature, la Fondation a mis en avant via cette plateforme l’aspect ludique de ce genre d’activité, afin d’en faire un site de référence pour les sorties nature. 6 façons d’agir permettent de s’adapter aux goûts de chacun et de chacune : aider à la rénovation d’une volière en centre de soin, faire un suivi photographique des insectes pollinisateurs, ramasser des déchets en montagne ou découvrir les services écosystémiques de la nature… Ce ne sont que quelques exemples parmi les centaines de sorties disponibles sur la plateforme jagispourlanature.org. En 10 ans, des milliers d’activités nature ont été réalisées, grâce aux 25 000 inscrit·e·s et aux 800 structures organisatrices. Aujourd’hui, plus de 1300 activités sont disponibles par an. Et au moment où la France se déconfine, jagispourlanature.org est la solution parfaite pour sortir de chez soi et retrouver du lien social !

Loutre sortant de sa tanière, avec une inscription : "Déconfinez-vous dans la nature avec jagispourlanature.org"

6 tendances sur l’évolution des rapports entre les citoyen·ne·s et la nature depuis dix ans

Grâce notamment au programme J’agis pour la nature, la Fondation Nicolas Hulot est aujourd’hui devenue experte sur la question de l’engagement, et spécifiquement du bénévolat nature. Son rôle d’acteur mais aussi d’observateur des rapports entre les citoyen·ne·s et la nature lui a permis de dessiner six tendances intéressantes à mettre en exergue en regard des enjeux actuels à propos de l’érosion de la biodiversité.

① Démocratisation

En dix ans, les activités de sauvegarde de la nature se sont démocratisées. Participer à des actions de collectes de déchets sur la plage ou à la montagne est devenu une activité connue de toutes et tous (comme par exemple les Mountain Days). Le fait qu’il y ait aujourd’hui 25 000 inscrit·e·s sur la plateforme est également la preuve d’un engouement croissant pour les activités nature.  

② Engagement

En dix ans, l’engagement et l’activisme citoyens n’ont cessé de se renforcer. L’initiative des Pionniers est l’un exemple représentatif de cette tendance. Le projet, lancé par deux jeunes au lendemain de la démission de Nicolas Hulot du gouvernement, vise à lutter contre le dérèglement climatique en incitant les citoyens à planter des arbres en Ile-de-France. 

③ Essor des sciences participatives

Les citoyen·ne·s sont de plus en plus nombreux à recueillir des données d’observation de la nature pour les scientifiques. Encore totalement méconnues du grand public il y a dix ans, les sciences participatives commencent à se faire une notoriété (voir les 116 activités « J’observe la faune et la flore »).

④ Digitalisation

Le digital se met au service de la nature quand il aide les citoyen·ne·s à se faire « vigies » et lanceurs ou lanceuses d’alerte (voir les 15 activités « J’alerte en cas d’urgence »). Le développement des applis permet aussi de lier activités sportives et collecte de déchets (telles que Run Eco Team).

⑤ Raisons de s’attrister

En dix ans, bon nombre de centres de soin pour animaux sauvages ont dû fermer leurs portes, manque de moyens humains et/ou financiers. Or, ces derniers sont essentiels pour éviter la disparition de milliers d’animaux sauvages blessés chaque année. Jagispourlanature.org recense 151 structures liées à la protection de la faune et de la flore : elles ont toutes besoin de bras pour les aider. 

⑥ Raisons d’espérer

L’action des participant·e·s de jagispourlanature.org permet parfois de voir prospérer des espèces que l’on croyait disparues. Les tortues marines sont par exemple de retour sur certaines plages de La Réunion, grâce à la revégétalisation des zones de pontes avec des essences locales. L’action de médiation est aussi efficace pour gérer les conflits entre la faune et l’humain. C’est notamment le cas dans les zones d’élevage des brebis, où l’humain a du mal à cohabiter avec le loup (voir PastoraLoup).

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